Mais du coup… si je mange sainement, j’en ai vraiment besoin ?”

C’est LA question qui revient systématiquement en consultation.
Et elle est légitime.

Parce que dans l’idéal…
👉 une alimentation saine, variée, locale, de saison, riche en nutriments et micro-nutriments… devrait suffire.

Dans l’idéal.

Mais entre l’idéal et la réalité, il y a parfois… non pas un écart, plutôt un pont voire carrément un canyon !

Alors creusons ça ensemble.


Manger sainement aujourd’hui… ce n’est plus tout à fait comme avant

Avant d’aller plus loin, je t’invite à visionner cette vidéo inspirante de M; Poffet.
Elle date, oui – 1971
Elle est en noir et blanc, oui.
Elle n’est pas optimisée pour les algos, oui. – il n’y avait pas d’algos en 1971
Et en même temps, qu’est ce qu’elle est authentique et pleine de vérités élémentaires.
Tu y entendras un petit passage sur le mag-nésium!

Le sol vivant en 1971, par M. Poffet

Déjà en 1971, tout était dit !

Tu fais déjà toutes les choses “bien”:

  • tu cuisines
  • tu évites les produits ultra-transformés
  • tu choisis du bio et local quand tu peux

Bref, tu joues dans la bonne équipe.

Mais voilà le twisthic:
👉 même une bonne alimentation aujourd’hui n’a pas toujours la même densité nutritionnelle qu’hier.

Pourquoi ?

  • Les sols sont appauvris
  • Les aliments sont récoltés plus tôt
  • Les variétés sont sélectionnées pour le rendement, pas pour les micronutriments
  • Le stockage et le transport diminuent certaines vitamines

Résultat:
tu peux manger “correctement”… sans forcément couvrir tous tes besoins.

Un peu comme remplir ton réservoir de voiture avec un carburant légèrement dilué 


Nos besoins ont augmenté (et pas qu’un peu)

Autre élément souvent sous-estimé:
👉 nous ne vivons pas dans les mêmes conditions qu’il y a 100 ans

Aujourd’hui, ton corps doit gérer:

  • le stress chronique
  • la pollution
  • le manque de sommeil (merci Netflix et consort!)
  • la sédentarité
  • les perturbateurs endocriniens

Et tout ça… ça consomme des nutriments.

Magnésium, vit D, vitamines du groupe B, antioxydants…
👉 ce sont un peu les “équipes de réparation” de ton organisme.

Et elles sont souvent débordées et sur consommées.

Nous vivons ainsi une fameux paradoxe de “déficiences en situation d’abondance”
Nous consommons des produits qui amènent plus de calories que de micronutriments essentiels à notre fonctionnement, comme les minéraux et les vitamines.


Chaque corps est unique (et parfois capricieux)

Tu peux manger exactement la même chose que ton voisin…
et ne pas en tirer les mêmes bénéfices.

Pourquoi ?

Parce que:

  • ton microbiote est unique
  • ta digestion peut être plus ou moins efficace
  • ton niveau de stress influence l’absorption
  • certaines carences peuvent exister malgré une bonne alimentation

Exemple classique:
👉 une personne peut manger des aliments riches en magnésium… et rester carencée.

Pourquoi ?
Parce que le stress et la vie “moderne”, parfois associées à une surcharge mentale, sont responsables de l’augmentation de la fuite urinaire de magnésium en même temps que les besoins se trouvent accrus.
En effet, 2 hormones produites en période de stress – le cortisol et l’adrénaline – sont impliquées dans la sortie du magnésium des cellules.
Le magnésium est alors excrété dans les urines, ce qui favorise un foutu cercle vicieux pernicieux où l’hyper-réactivité au stress et le déficit en magnésium deviennent étroitement liés et dans le pire des sens!
Cette déplétion cellulaire entraîne à son tour une hyperexcitabilité neuromusculaire et occasionne des fourmillements, crampes, des paupières qui “clignotent” toutes seules, allant jusqu’à des douleurs et tremblements et en même temps, également un hyperémotivité, de l’anxiété, de l’irritabilité, de la fatigue, des insomnies et des maux de tête.
Enfin, ce manque de magnésium génère aussi des palpitations cardiaques, un sentiment d’oppression, ainsi qu’une mauvaise absorption des vitamines en particulier la Vit D et B1.
Bref, c’est la fête, en somme – façon de parler!
 
Le corps, parfois, c’est un peu un panier percé !


Les compléments alimentaires: béquille ou levier ?

Soyons clairs:
👉 les compléments alimentaires ne remplacent pas et ne remplaceront jamais une bonne alimentation.

Sinon, autant manger des gélules à la place des repas… comme les astronautes
(et franchement, niveau plaisir, on a nettement vu mieux, non ?).

Mais ils peuvent être:

  • un coup de pouce ponctuel
  • un levier de correction en cas de carence
  • un soutien ciblé dans certaines périodes de ta vie (fatigue, stress, changement de saison, pré-conception, conception, …)

L’idée, ce n’est pas de se supplémenter “pour faire comme tout le monde”.
C’est de supplémenter avec intention et surtout par connaissance des mécanismes sous-jacents des fonctions biologiques de ton corps.


Le piège à éviter: le réflexe automatique

Le danger aujourd’hui, ce n’est pas le manque d’information.
C’est l’excès.

👉 Prendre des compléments “au cas où” sans stratégie
👉 Empiler les gélules dans des piluliers
👉 Suivre les tendances Instagram

Ce n’est pas ça, la nutrithérapie.
“Ceci n’est pas de la nutrithérapie”.
C’est du “vogelpick” …….

Une bonne supplémentation est:

  • ciblée
  • adaptée
  • temporaire (dans la plupart des cas sauf pour le magnésium et la Vit D)
  • cohérente avec ton alimentation et ton mode de vie et ton budget

Alors… faut-il se complémenter ?

La seule réponse honnête, c’est:
👉 ça dépend

Mais voici une grille simple:

✔️ Si tu es fatigué, stressé, en baisse d’énergie
✔️ Si tu traverses une période exigeante
✔️ Si tu suspectes une carence
✔️ Si ton hygiène de vie a des limites (et c’est normal)

👉 alors, les compléments peuvent être utiles.

Par contre, 

❌ Si tu cherches une solution magique et rapide
❌ Si ton alimentation est déséquilibrée
❌ Si tu veux juste compenser de mauvaises habitudes et ne pas faire d’effort pour intégrer de bonnes habitudes

👉 alors, ils ne feront pas de miracle.


En résumé

Manger sainement est et restera toujours la base. Toujours.

Et en même temps,  aujourd’hui:

  • nos aliments sont parfois moins riches
  • nos besoins sont plus élevés
  • nos corps sont uniques

👉 Les compléments alimentaires ne sont ni indispensables pour tous…
ni inutiles pour tous.

Ce sont juste des outils.

Et comme tout outil, leur efficacité dépend de comment et pourquoi tu les utilises.


Et toi (le des neiges) ?

Tu prends des compléments alimentaires ?
Par choix, par besoin, par mode, pour faire comme les autres, parce que tu le vaux bien… ou un peu au hasard ?
Partage ton expérience en commentaires.


Sources et références scientifiques

Pour construire cet article, je me suis appuyé sur des sources fiables et reconnues en nutrition et micronutrition:

  • PubMed (base de données scientifique internationale)
    → recherches sur les carences micronutritionnelles, biodisponibilité et impact du stress sur les nutriments
  • ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation)
    → recommandations sur les apports nutritionnels et les compléments alimentaires
  • EFSA (European Food Safety Authority)
    → données sur les besoins nutritionnels et la sécurité des nutriments
  • WHO (Organisation mondiale de la santé)
    → rapports sur les carences en micronutriments à l’échelle mondiale
  • Études sur la densité nutritionnelle des aliments:
    → Davis et al., Journal of the American College of Nutrition (déclin des nutriments dans les fruits et légumes)
  • Recherches sur stress et micronutriments (magnésium, vitamines B):
    → données issues de publications indexées sur PubMed

Si vous avez aimé l'article, vous êtes libre de le partager :-)

10 Comments on “En quoi est-ce important de prendre des compléments alimentaires… quand on mange déjà “bien” ? 😏🌱”

  1. Merci pour ce rappel.
    En voyage, c’est encore plus concret : sur un bateau, on fait au mieux, mais on n’a pas toujours accès à autant de fruits et légumes frais qu’on voudrait.
    Du coup, on adapte. Pas vraiment besoin de vitamine D sous les tropiques 😄 mais vitamine C, magnésium, ou un complexe de vitamines en cure, ça peut clairement aider à garder l’équilibre sur la durée.
    Ça rejoint bien ton idée : pas une solution miracle, juste un ajustement intelligent en fonction du contexte.

    • Bonjour Aurélia.
      Merci pour ton retour circonstancié à ton mode de vie actuel, sur un bateau.
      Je n’ai aucune expérience de la vie sur un bateau, même pour 1 jour, c’est te dire!
      J’imagine que la gestion des stocks (conserves, etc) est un incontournable et que le planning des repas est prévu au minimum à la semaine, voire au mois, non ?
      Tu n’as probablement pas trop besoin de vit D effectivement sous les tropiques, je t’invite néanmoins à la vérifier à l’occasion lors du « check annuel ».
      Pour l’anecdote que tu connais probablement, c’est effectivement lié au mode d’alimentation que les marins souffraient du scorbut et qu’un amiral anglais (son nom ne me revient pas) a eu l’idée d’embarquer des agrumes dans des tonneaux afin d’en nourrir l’équipage. C’est ce qui a été à l’origine de la découverte de la Vit C.

  2. Ton article m’a vraiment éclairé sur ce paradoxe moderne. Ton approche est très équilibrée : tu ne vends pas de remède miracle, mais tu expliques avec beaucoup de bon sens pourquoi nos assiettes, même bien remplies, ne suffisent plus toujours.
    Le passage où tu compares notre corps à « un panier percé » à cause du stress m’a beaucoup parlé. C’est une image concrète qui fait comprendre instantanément pourquoi on se sent fatigué malgré une bonne hygiène de vie. Merci pour ce partage utile et décomplexant ! 🙂

  3. Ton article m’a vraiment éclairé sur ce paradoxe moderne. Ton approche est très équilibrée : tu ne vends pas de remède miracle, mais tu expliques avec beaucoup de bon sens pourquoi nos assiettes, même bien remplies, ne suffisent plus toujours.

    Le passage où tu compares notre corps à « un panier percé » à cause du stress m’a beaucoup parlé. C’est une image concrète qui fait comprendre instantanément pourquoi on se sent fatigué malgré une bonne hygiène de vie. Merci pour ce partage utile et décomplexant 🙂

    • Bonjour Rémi.
      Merci pour ton retour sur mon point de vue sur les compléments alimentaires.
      Effectivement, comme tu le soulignes, nos assiettes modernes, même bien remplies et même parfois trop, n’ont jamais été autant bourrées de calories « vides »!
      Le marketing pousse vers des aliments dont on a « envie », et rarement vers des aliments dont notre corps a « besoin ».
      Le truc assez incroyable est qu’une fois que notre corps est nourri de ce dont il a réellement « besoin » – comme des légumes par exemple, il n’a plus aucune « envie » de rien d’autre.

  4. Merci beaucoup !
    L’article est clair et très intéressant. Il remet en question certaines croyances, certains réflexes (très) conditionnés, tout en apportant des nuances dans les réponses.
    Un peu de sagesse dans nos assiettes…

    • Effectivement Jean-Paul, on pourrait également parler d’un indice de confiance, une sorte de Ic.
      Elevé grâce à « fabrication artisnale, lait 100% bio, drapeau belge, etc etc  » jusqu’à ce que tu retournes le pot……. et puis, bardaf, c’est l’embardée !
      Et encore, faut-il comprendre ce qui est inscrit
      J’espère que cela t’aura permis de décortiquer d’autres produits industriels.
       » La confiance n’exclut pas le contrôle  »
      C’est plus que de la sagesse à remettre dans nos assiettes et nos bouches, c’est du bon sens!
      Merci pour ton retour qui m’encourage à persévérer à expliquer ce qui ne l’est pas, ou si peu !

  5. Merci pour cet article nuancé et intéressant. Oui, il semblerait en effet qu’en général nous soyons suralimentés tout en souffrant de carences en nutriments (« overfed and undernourished »). Je partage assez bien les points abordés et l’approche. Je me pose encore parfois la question suivante: quand on dispose d’un budget limité, faut-il mieux le consacrer
    – à acheter de l’alimentation bio,
    – à acheter des compléments (sans identifier ses manques par des tests du genre prise de sang ou autres) suivant une auto-estimation de ses carences les plus probables
    – ou payer des tests pour tenter d’identifier ses carences et ensuite acheter les compléments correspondants ?
    Mais j’imagine qu’il n’y a pas de réponse magique ou unique, cela dépend sans doute de la situation de chacun …
    Au plaisir de lire d’autres articles
    Christophe

    • Merci, Christophe, je ne connaissais pas l’expression « Overfed & (in same time) Undernourished » !
      Que l’on pourrait traduire en français par « Suralimenté & (en même temps) Dénutri » !
      La question du budget est effectivement cruciale, en particulier lorsque celui-ci est limité!
      La question de s’alimenter en nourriture bio est évidente, du moment qu’elle soit locale. Ainsi, acheter des haricots « Bio – fabriqué (en dehors de ton pays) » me semble problématique. Il est préférable de rechercher un producteur local de son alimentation, en mangeant de saison.
      Par contre, prendre des compléments alimentaires au petit bonheur la chance, sans stratégie, n’est pas efficace.
      Et « payer » pour identifier ses carences n’est pas nécessaire, du moins au début du ré-équilibrage de son alimentation.
      Un simple questionnaire permet rapidement d’identifier certaines carences « évidentes »
      Merci pour ton commentaire !

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