Les neurosciences cognitives nutritionnelles, oui mais encore ?

graines_de_lin_omega_3

Aujourd’hui n’est pas un article ordinaire !
En effet, voici un article sur un article 🙂
On parle de plus en plus du lien entre alimentation, cerveau et santé mentale. Mais encore ? Le sujet n’a rien d’une mode passagère : les données récentes confirment que l’alimentation et la nutrition sont des facteurs modifiables importants dans la prévention et l’accompagnement des troubles de l’humeur et de l’anxiété .

Mais justement, plus un sujet devient populaire, plus il faut lui poser la bonne question : oui, les neurosciences cognitives nutritionnelles avancent… mais où en est-on vraiment ? Que sait-on de façon solide ? Que peut-on raisonnablement conseiller ? Et que faut-il encore explorer avant de tirer des conclusions trop rapides ?

De quoi parle-t-on exactement ?

Les neurosciences cognitives nutritionnelles sont un champ interdisciplinaire passionnant et fabuleux qui étudie la façon dont la nutrition influence le cerveau, la cognition et la santé mentale, en mobilisant à la fois les sciences de la nutrition, les neurosciences et la psychologie cognitive .

L’idée centrale est simple : ce que nous mangeons peut influencer le fonctionnement cérébral, l’humeur, l’anxiété, la mémoire, l’attention et, plus largement, la résilience mentale. Ce domaine cherche donc à comprendre non seulement si l’alimentation joue un rôle, mais surtout comment elle agit sur les réseaux cérébraux impliqués dans ces fonctions .

Ce n’est pas une discipline qui prétend que “manger mieux guérit tout” – ça se saurait !. C’est plutôt une science des interactions entre nutriments, cerveau et comportement, avec un intérêt croissant pour les applications cliniques et préventives.

Pourquoi ce sujet devient central

L’intérêt pour ce domaine n’est pas un hasard. Les troubles de l’humeur et de l’anxiété sont de plus en plus fréquents, souvent chroniques, et leur prise en charge ne peut plus reposer uniquement sur un seul levier médicamenteux.

Parallèlement, on sait de mieux en mieux que l’alimentation n’agit pas seulement sur le poids (Surpoids et obésité: comment stopper la pandémie ?)  ou le métabolisme. Elle influence aussi l’inflammation, le stress oxydatif, la neurotransmission, la disponibilité de certains micronutriments et la communication entre intestin et cerveau.

Autrement dit, le cerveau n’est pas un organe “à part” qui flotterait , tel un dieu, au-dessus du reste du corps. Il dépend fortement de l’état nutritionnel général, du statut en acides gras essentiels, en vitamines, en minéraux et de la qualité globale de l’alimentation.

Ce que dit un article

L’article récent dans Annual Review of Food Science and Technology (Wu J. , Barbey A.K. – Nutrition and Mental Health : Advances in Nutritional Cognitive Neuroscience. Annu Rev Food Sci Technol. 2026) insiste sur un point important : les preuves s’accumulent grâce aux méthodes croisées des sciences de la nutrition et du cerveau et grâce à l’imagerie médicale , et en même temps les mécanismes précis au niveau neuronal restent encore à mieux établir. Peu importe, les preuves s’accumulent !

Les auteurs soulignent que les réseaux cérébraux impliqués dans l’humeur et l’anxiété montrent des altérations structurelles et fonctionnelles, et que certains nutriments semblent influencer ces réseaux de manière biologiquement plus que plausible .
Parmi les nutriments mis en avant, on retrouve notamment :

  • les vitamines du groupe B ;
  • les fameux “acides gras polyinsaturés oméga-3” ;
  • les polyphénols ;
  • les caroténoïdes .

Cette approche ne se limite donc pas à une liste “d’aliments bons pour le cerveau”. Elle cherche à relier les apports nutritionnels à la physiologie cérébrale et aux circuits impliqués dans la santé mentale .

Quels mécanismes sont en jeu ?

Le cerveau est un organe coûteux ! Très coûteux !
Il consomme beaucoup d’énergie (pesant à peine quelques kilos, il “bouffe” quand même 25 % de notre énergie – excusez du peu !)  et dépend de nutriments précis pour fabriquer ses neurotransmetteurs, maintenir ses membranes cellulaires, protéger ses neurones et soutenir la plasticité cérébrale.

Plusieurs mécanismes sont régulièrement évoqués dans la littérature :

  • la modulation de l’inflammation ;
  • la réduction du stress oxydatif ;
  • le soutien des membranes neuronales ;
  • la disponibilité des précurseurs de neurotransmetteurs ;
  • l’effet sur l’axe intestin-cerveau.

Ce sont des mécanismes cohérents sur le plan biologique. Cela ne signifie pas que chaque nutriment produit un effet spectaculaire, mais plutôt qu’un statut nutritionnel défavorable peut peser sur le fonctionnement cérébral, tandis qu’un meilleur état nutritionnel peut soutenir la santé mentale et cognitive.

Les nutriments les plus étudiés

Les vitamines B

Les vitamines du groupe B reviennent systématiquement dans les discussions sur le cerveau. Elles participent au métabolisme énergétique et à la synthèse de plusieurs médiateurs chimiques. 

En pratique, elles sont intéressantes parce qu’elles soutiennent la production et l’utilisation de l’énergie par le cerveau, ce qui est essentiel dans les fonctions cognitives et émotionnelles. Leur rôle n’est pas magique, loin de là, plutôt structurel en fait, et ça change tout !.

Les oméga-3

Les oméga-3, en particulier l’EPA et le DHA, sont fréquemment associés à la santé cérébrale. Le DHA est un composant majeur des membranes neuronales, tandis que l’EPA semble jouer un rôle plus marqué dans la modulation de l’inflammation et de l’humeur.

Les essais cliniques n’ont pas tous des résultats homogènes, mais le signal biologique reste suffisamment solide pour que les oméga-3 demeurent un axe central de prévention.
Attrapez-les tous !

Les polyphénols

Les polyphénols, que l’on trouve dans de nombreux végétaux et d’autant plus si ils sont bio, intéressent les chercheurs pour leur haut potentiel antioxydant et anti-inflammatoire.

Ils n’agissent pas seulement comme “antioxydants” au sens simpliste du terme. Ils peuvent aussi influencer la signalisation cellulaire et l’environnement métabolique du cerveau. Là encore, l’idée n’est pas qu’un seul aliment change tout, mais qu’un modèle alimentaire riche en végétaux bio peut contribuer à un terrain plus favorable.

Les caroténoïdes

Les caroténoïdes, présents notamment dans les fruits et légumes colorés, sont aussi associés à la santé cérébrale dans la revue récente . Leur intérêt s’inscrit dans une logique globale de qualité de l’alimentation : plus l’assiette est variée et colorée, plus elle a de chances d’apporter un ensemble de composés protecteurs.

Ce que les études montrent déjà

Les données disponibles suggèrent qu’une alimentation de meilleure qualité peut améliorer certaines dimensions cognitives ou des marqueurs de santé cérébrale.

Dans une revue systématique d’essais randomisés, les auteurs concluaient qu’il existait des preuves raisonnables en faveur d’effets bénéfiques de certains modèles alimentaires, notamment le régime méditerranéen, ainsi que de certaines interventions nutritionnelles sur la cognition.

Il faut cependant rester prudent : les résultats ne sont pas uniformes, les protocoles sont hétérogènes, et la qualité méthodologique des études varie beaucoup. C’est précisément pour cela que le champ a besoin de travaux plus robustes, plus longs et mieux standardisés.

Pourquoi le cerveau ne se résume pas à 3 gélules, ni 4

Le vrai intérêt des neurosciences cognitives nutritionnelles n’est pas de vendre des compléments “booster mémoire” – bien que cela soit déjà le cas. Il est de comprendre comment un ensemble de facteurs nutritionnels façonne le cerveau au fil du temps .

Le cerveau ne répond pas seulement à un nutriment isolé. Il répond à un contexte : régularité des repas, densité nutritionnelle, qualité des graisses, apport en protéines, état inflammatoire, sommeil, stress, microbiote, activité physique. Les piliers d’une saine santé.

C’est pourquoi les approches sérieuses parlent davantage de schémas et d’habitudes alimentaires que d’aliments miracles. Un mode alimentaire cohérent aura plus d’impact qu’une gélule prise à l’occasion quand on y pense.

Le rôle de l’axe intestin-cerveau

L’axe intestin-cerveau est devenu un pilier de la réflexion contemporaine. L’alimentation influence le microbiote, qui peut à son tour moduler l’inflammation, certains métabolites et la communication neurobiologique. Un cercle qui peut être soit vertueux, soit vicieux.

Ce n’est pas une explication unique de tout, mais un maillon important. L’intérêt de cet axe est de rappeler qu’un cerveau “bien nourri et pas dénutri” dépend aussi d’un intestin fonctionnel, d’un apport suffisant en fibres et d’un terrain métabolique cohérent et ……… vice et versa (dixit la chanson culte des Inconnus”)

Là encore, on quitte la logique simpliste du “bon aliment / mauvais aliment” pour entrer dans une vision plus systémique, plus réaliste et plus utile.

Ce que les études ne permettent pas encore de dire

C’est probablement le point le plus important. Malgré l’enthousiasme, les études ne permettent pas encore d’affirmer qu’un nutriment précis résout à lui seul la dépression, l’anxiété ou les troubles cognitifs.

Les auteurs de la revue récente insistent sur le besoin d’études d’intervention mieux conçues, intégrant des méthodes issues des neurosciences cognitives et de l’épidémiologie nutritionnelle contemporaine .

Autrement dit, on a des pistes solides, pas encore une recette définitive. Et c’est très bien ainsi. Cela évite de transformer la science en marketing d’”influençage puant” (pas très souvent sage, loin s’en faut !) et de rester critique, encore et toujours !

Comment traduire cela en pratique

En pratique, cette littérature invite à privilégier quelques grands principes :

  • une alimentation variée, bio de préférence;
  • des apports suffisants en oméga-3 ;
  • une bonne place pour les végétaux colorés ;
  • des sources fiables de vitamines B ;
  • une élimination totale des produits ultra-transformés ;
  • une cohérence globale du mode de vie.

Ce n’est pas spectaculaire, ce n’est pas performant,  c’est juste robuste. On ne soutient pas le cerveau avec du spectaculaire. On le soutient avec de la régularité, de la rigueur, de la qualité et de la cohérence.

Ce qu’il faut retenir

Les neurosciences cognitives nutritionnelles sont un champ prometteur, utile et en pleine structuration . Elles montrent que l’alimentation ne concerne pas seulement le poids ou la digestion, mais aussi la santé mentale, l’humeur, l’anxiété et la cognition.

Le vrai message n’est pas “mangez tel nutriment et tout ira bien”. Le vrai message est plus fin : le cerveau dépend d’un environnement nutritionnel global, et cet environnement peut être amélioré par des choix alimentaires plus cohérents.

Donc oui, les neurosciences cognitives nutritionnelles existent, progressent et ouvrent des pistes méga-passionnantes. Oui aussi, il faut continuer à demander des preuves plus solides, des essais mieux construits et des recommandations plus nuancées. C’est justement ce qui fait la maturité d’une étude scientifique et c’est sur quoi se base la nutrithérapie (Dis papa, c’est quoi la nutrithérapie ?).

L’étude menée par ces 2 chercheurs J.Wu et A.K. Barbey, confirme que notre alimentation – faut-il cependant encore s’en étonner ? – joue un rôle fondamental et modulable dans le maintien de notre équilibre psychologique tout au long de notre vie!

C’est une preuve scientifique supplémentaire que les micro-nutriments issus de notre alimentation sont des piliers incontournables de notre bien-être global !

Et vous, avez-vous déjà identifié dans votre alimentation actuelle, les nutriments ou les aliments qui soutiennent le mieux votre énergie mentale ou au contraire ceux qui l’épuisent ?
Dites-le moi en commentaires !

Dis papa, c’est quoi la nutrithérapie ?

nutrithérapie-plats équilibrés-overnight graines de chia - brocolis-bols en céramique - pois chiches

Table à manger.
Le papa (ou la maman, c’est comme on veut) sur sa tablette.
Le fils ou la fille, déjà très éveillé(e) !

“Dis papa, c’est quoi la nutrithérapie ?”
Silence
“Dis papaaa, c’est quoi la nutrithérapiiiie ?”
Silence
“Dis papaaaaaa, c’est quoi la nutrithérapiiiiiiie ?”
Silence
Petit sourire du fils ou de la fille.
“Dis papa, comment on fait les bébés ?”

Aaaaaaargh.
La question qui tombe au pire moment. Entre 2 gorgées de café, la lecture du quotidien, 23 mails en retard et un cerveau déjà en mode économie d’énergie.
Et au fond, c’est une excellente question.
Parce qu’aujourd’hui, on parle beaucoup d’alimentation, de compléments, de micronutriments, de santé digestive, d’énergie, de fatigue, de stress… sans toujours expliquer simplement ce que tout cela veut dire.

La nutrithérapie, c’est un peu le bon sens du corps remis au goût du jour.
C’est l’art et la manière de nourrir l’organisme avec ce dont il a vraiment besoin pour fonctionner correctement, au lieu de le laisser se débrouiller avec une assiette souvent trop pauvre, trop sucrée, trop transformée ou trop déséquilibrée.

Et non, ce n’est pas une baguette magique à la HP !
Ce n’est pas non plus une mode “bien-être” avec une jolie étiquette verte. C’est une approche sérieuse, concrète, biochimique, qui s’intéresse à ce que le corps reçoit, absorbe, utilise… ou n’utilise pas.

Une assiette, oui. Mais pas n’importe laquelle.

La nutrithérapie part d’une vérité très simple : le corps est une machine complexe et bien foutue. Il fonctionne avec des nutriments précis. Des vitamines. Des minéraux. Des acides gras. Des acides aminés. Des composés végétaux actifs. Bref, tout un petit monde invisible qui fait tourner la grande mécanique du vivant.

Le problème, c’est que notre alimentation “moderne” hyper transformée et industrielle à 85 % a parfois un drôle de talent : elle remplit l’estomac sans toujours nourrir en profondeur. On mange. On grignote. On avale. On tient. Mais on ne nourrit pas toujours correctement les cellules, les tissus, le système nerveux, la digestion, l’immunité ou la récupération.

La nutrithérapie, elle, pose la question que tout le monde oublie : qu’est-ce que le corps reçoit vraiment ?

C’est quoi, au juste ?

La nutrithérapie, c’est une approche qui utilise l’alimentation, et parfois des compléments bien choisis, pour corriger des insuffisances, limiter les surcharges et soutenir les grandes fonctions du corps.

En clair :

  • si le corps manque de certains nutriments, on les remet ;
  • si l’alimentation surcharge inutilement l’organisme, on allège ;
  • si la digestion fatigue, on simplifie ;
  • si l’énergie s’écrase, on remonte à la source ;
  • si le sommeil et le stress déraillent, on cherche aussi du côté du terrain nutritionnel.

Ce n’est pas spectaculaire. C’est mieux que ça : c’est utile.

Pourquoi c’est différent du “mangez équilibré” classique ?

Parce que l’injonction “mangez équilibré” est une phrase sympathique… et en même temps, souvent trop vague.
Elle ne dit ni quoi manger, ni pourquoi, ni dans quelles quantités, ni selon quel terrain.

La nutrithérapie va plus loin. Elle s’intéresse :

  • aux besoins propres à chaque personne ;
  • à la qualité des aliments ;
  • à la densité nutritionnelle ;
  • à l’absorption réelle ;
  • aux interactions entre les nutriments ;
  • au lien entre le champ, l’assiette et les symptômes.

Autrement dit, elle ne se contente pas de regarder ce qu’il y a dans l’assiette. Elle regarde aussi ce que l’assiette provoque dans le corps. Et ça change tout.

À qui ça sert ?

À tout le monde… et à personne en même temps.

À tout le monde, parce que tout le monde mange, digère, transforme, fatigue, récupère et a besoin de nutriments pour fonctionner.
À personne en mode “recette universelle”, parce que chacun a son histoire, son terrain, ses fragilités, ses habitudes, son niveau de stress, son sommeil, sa digestion, son activité et ses besoins propres.
Et vraiment ! en aucun cas pour qui veut/souhaite/espère/rêve/imagine (biffer la mention inutile) des résultats rapides, faciles, sans effort ! Visiter Lourdes est encore et toujours plus efficace dans ce cas !

En pratique, la nutrithérapie peut être utile si vous voulez :

  • retrouver plus d’énergie ;
  • mieux digérer ;
  • mieux récupérer ;
  • apaiser un terrain inflammatoire ;
  • mieux gérer le stress ;
  • soutenir le sommeil ;
  • comprendre pourquoi votre corps ne réagit pas exactement comme vous voudriez, le vilain chenapan !

Et les compléments dans tout ça ?

Ah, les compléments. Le sujet qui fait rêver les paresseux et soupirer les prudents.

En nutrithérapie, les compléments alimentaires ne sont pas le point de départ. Ce sont juste des outils. Pas des béquilles permanentes. On commence par l’alimentation. On regarde ensuite s’il faut soutenir, corriger, ajuster. Sujet approfondi en surface dans En quoi est-ce important de prendre des compléments alimentaires… quand on mange déjà “bien” ? 😏🌱

Parce que non, une gélule ne remplace pas un vrai repas.
Et non, prendre trois pilules multicolores (une rouge, une verte et une bleue) ne permet pas de continuer à manger n’importe comment en toute sérénité. La nutrithérapie ne fonctionne pas comme un cache-misère chic. Elle cherche à remettre du vrai, du juste, du précis, du sain, du naturel et du local.

Une approche très concrète

Ce qui rend la nutrithérapie intéressante, c’est qu’elle ne flotte pas dans les nuages.
Elle revient toujours au réel :

  • votre énergie ;
  • votre digestion ;
  • votre sommeil ;
  • votre faim ;
  • votre humeur ;
  • votre récupération ;
  • votre relation à l’alimentation.

Elle aide à faire le lien entre les signaux du corps et ce qu’il mange. Un ventre gonflé, une fatigue qui traîne, une peau réactive, des fringales, une nervosité persistante (le profil TPE typique)… ce ne sont pas juste des “petits défauts de caractère” avec lesquels il faut bien vivre !. 
Ce sont des messages hyper précis.

La nutrithérapie apprend justement à les entendre.

Ce qu’elle n’est pas

La nutrithérapie n’est pas :

  • une punition ;
  • une religion ;
  • un dogme ;
  • une chasse au gramme parfait ;
  • un régime de plus ;
  • un concours de compléments alimentaires ;
  • une promesse de santé instantanée;
  • une méthode miraculeuse.

Elle n’a rien à voir avec les injonctions débilitantes du type “mangez moins, bougez plus, dormez mieux” ou “pour votre santé, mangez moins gras, moins salés et moins sucrés”  balancées sans nuance depuis le piédestal des ministères de la Santé (qu’on devrait appeler ministères de la Maladie, en fait!) .
Elle cherche au contraire à comprendre pourquoi, chez certaines personnes, tout cela ne suffit pas.

Pourquoi ça “parle” autant aujourd’hui

Parce que beaucoup de personnes ont le sentiment d’avoir tout essayé, sans retrouver un vrai équilibre. Elles mangent “pas trop mal”, mais restent fatiguées. Elles font attention (il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de personnes qui “font attention” 🙂 – un peu comme quand elles traversent un passage piéton …..), mais digèrent mal. Elles essaient de se calmer, mais le stress revient. Elles veulent bien faire, mais ne comprennent pas pourquoi le corps suit si mal.

La nutrithérapie parle à ces gens-là. Elle ne leur dit pas qu’ils ont échoué. Elle leur dit : on va regarder plus finement.

Et ça change tout. Car on ne soigne bien que ce l’on comprend parfaitement. On ne corrige bien que ce que l’on mesure.
Et on ne transforme pas durablement ce qu’on traite à coups de grandes généralités.

Le vrai message de la nutrithérapie

Le vrai message, c’est celui-ci : votre corps sait faire beaucoup de choses, à condition de recevoir ce qu’il lui faut.

Pas trop. Pas au hasard. Pas n’importe comment. Mais juste ce qu’il faut, au bon moment, sous la bonne forme.

C’est pour cela que la nutrithérapie est une approche à la fois pragmatique et profondément respectueuse du vivant. Elle ne force pas. Elle soutient. Elle modifie en douceur. Elle ajuste. Elle ne nie pas le mode de vie. Elle le prend en compte. Elle ne promet pas une perfection impossible. Elle cherche une amélioration réelle et durable.

Ce qu’il faut retenir

Alors, c’est quoi la nutrithérapie finalement en clair et sans décodeur ?

Avant de répondre à cette question, petit retour dans le passé, en 1991 (ou dans ces eaux-là) avec cette pub sur le lait. « Dis, papa, c’est quoi cette bouteille de lait ! »
Une très belle, grinçante et violente parodie https://www.youtube.com/watch?v=xOORdjvzLmE vient ainsi compléter l’article sur le lait et les produits laitiers Lait : faut-il en consommer ? Bienfaits, limites et alternatives pour un choix éclairé

Retour à nos moutons !
La nutrithérapie, c’est la traduction pratico-pratique des conclusions d’études scientifiques sur l’impact de l’alimentation, des nutriments et des micronutriments sur la santé et le fonctionnement du corps.
C’est une façon de nourrir le corps intelligemment. De corriger ce qui manque. D’alléger ce qui pèse. De soutenir ce qui fatigue. De remettre du sens dans l’assiette et de la cohérence dans le quotidien.

C’est une approche qui parle le langage du corps. Un langage fait de nutriments, d’équilibre, de précision et de bon sens.
Et dans un monde qui va trop vite, qui mange et malbouffe trop vite, qui s’épuise trop vite, et qui frise le burn out planétaire, ça vaut déjà de l’or.

Au fond, sa promesse est simple : aider chacun à retrouver de la cohérence entre ce qu’il mange, ce qu’il ressent et ce dont son corps a besoin. Et si cela commence par une question d’enfant un peu insolente, tant mieux. C’est souvent comme ça que naissent les meilleures explications.

Et au final, non, la nutrithérapie n’expliquera pas “comment on fait les bébés” ……. ; par contre, elle donnera aux futurs concepteurs/rices toutes les clés pour amener la vie dans les meilleures conditions.

Et vous, dites-moi en commentaires si vous explorez déjà ou si vous avez envie d’explorer une alimentation plus précise, plus vivante et plus adaptée à votre corps dès aujourd’hui.

Lait : faut-il en consommer ? Bienfaits, limites et alternatives pour un choix éclairé

verre de lait posé sur mur fond vert

Dans cet article, lorsque j’évoque “lait”, il faut entendre la définition suivante – selon “Le Petit Robert” cuvée millésimée 1977 (c’est celui est tombé sous mes pattes, une excellente année en fait!) : liquide blanc, opaque, très nutritif (riche en graisses émulsionnées) sécrété par les glandes mammaires des femelles des mammifères, servant à l’alimentation naturelle, à la mamelle, des jeunes mammifères (dans l’espèce humaine, des nourrissons)
Voilà, le cadre est fixé.
Le lait occupe une place à part dans notre alimentation. Pour certains, c’est un aliment simple, rassurant, presque évident. Pour d’autres, c’est un produit controversé, souvent critiqué, parfois évité, et rarement discuté sans passion. Entre discours nutritionnels “officiels”, habitudes culturelles et questionnements digestifs, il n’est pas toujours facile de savoir quoi penser.

Faut-il boire du lait ? Est-il indispensable ? Peut-il poser problème ? Et si oui, dans quels cas ? La réponse n’est pas (bovine) binaire, (surtout en soirée) !
Comme souvent en nutritthérapie, tout dépend de la personne, de sa tolérance, de son état de santé, de ses habitudes alimentaires et du reste de son mode de vie.

Le lait n’est pas un aliment magique

Commençons par une idée simple : le lait n’est pas un aliment miraculeux. Il apporte des nutriments intéressants, mais il n’est pas irremplaçable. On peut tout à fait nourrir la santé sans consommer de lait, à condition de couvrir ses besoins par d’autres sources alimentaires. A titre d’exemple, en 2019, dans le nouveau guide alimentaire canadien, les produits laitiers ne sont plus considérés nécessaires pour la santé. Vous pouvez aisément imaginer le tollé que cela a provoqué au sein de l’industrie laitière canadienne …..

Le lait peut toutefois être utile dans certains contextes. Il fournit des protéines, du calcium, du phosphore, de la vitamine B2 et parfois de la vitamine D lorsqu’il est enrichi selon les pays. C’est donc un aliment nutritif certes, et en même temps ce n’est pas un passage obligé.

Autrement dit, la vraie question n’est pas : “le lait est-il bon ou mauvais ?”. La vraie question est plutôt : “est-il adapté à vous, à votre digestion et à votre alimentation globale ?”

Le lactose : un problème fréquent chez l’adulte

Le premier point à examiner est le lactose, le sucre naturel du lait. Pour le digérer, l’organisme a besoin d’une enzyme appelée lactase. Chez de nombreux adultes, l’activité de cette enzyme diminue avec l’âge, ce qui peut rendre le lactose difficile à digérer.

Le lactose est un FODMAP – F pour Fermentescible, et le lactose l’est particulièrement ! Et lorsque le lactose est mal digéré, il arrive dans le côlon où il est joyeusement fermenté par les bactéries de notre microbiote. Cela provoque des ballonnements, des gaz, des douleurs abdominales, des nausées ou même des diarrhées. En clair, ce n’est pas forcément “le lait” en lui-même qui pose problème, mais le lactose qu’il contient et que certaines personnes tolèrent mal.

Les produits laitiers fermentés ou affinés contiennent moins de lactose que le lait frais. C’est pourquoi certaines personnes « tolèrent » mieux un yaourt, un fromage affiné ou un produit fermenté qu’un grand verre de lait.

La caséine : une protéine qui ne convient pas à tout le monde

Le deuxième point sensible concerne la caséine, une “grosse” protéine majeure du lait. Elle peut poser problème chez certaines personnes, notamment si la barrière intestinale est fragilisée ou si l’organisme réagit de façon excessive à certains aliments. La caséine a un fort potentiel antigénique, c’est à dire qu’elle va faire réagir notre système immunitaire si elle rentre en contact avec lui.

Vous me direz: comment la caséine peut-elle rentrer en contact avec le système immunitaire ?
Quand la digestion est imparfaite ou que l’intestin est fragilisé et hyper-perméable (c’est ce qu’on appelle “leaky gut” en anglais – en français, pour avoir une image en tête, j’aime assez bien celle de la “passoire”), des fragments de caséine peuvent passer plus facilement dans la circulation sanguine et susciter une réaction immunitaire car détecté comme du “non-soi”. Chez certaines personnes sensibles, cela peut contribuer à des symptômes digestifs, à de l’inconfort ou – et c’est le pire! – à un terrain inflammatoire de bas-grade plus difficile à gérer.
Je parle aussi de ce terrain inflammatoire et ses conséquences délétères de toutes les pathologies de civilisation, sur le sujet de la « graisse » dans La graisse brûle-t-elle le muscle ? Mythe ou réalité ?

Il faut rester prudent sur ce point : tout le monde ne réagit pas de la même manière. Mais il est tout à fait légitime de constater que certains organismes supportent très bien les produits laitiers, tandis que d’autres les tolèrent mal, parfois sans comprendre pourquoi.

IGF-1 et produits laitiers : une question souvent débattue

Le lait contient naturellement des facteurs de croissance, dont l’IGF-1 (Insuline Growth Factor), impliqué dans les mécanismes de croissance cellulaire. En gros, c’est une hormone de croissance. C’est logique d’un point de vue biologique : le lait d’une vache est destiné à nourrir un jeune veau en pleine croissance et l’aider à prendre 150 à 200 kg en 1 an! Rien que ça !
Et vous le savez, petit aparté, je n’ai donc pas besoin de le répéter, que depuis les années 50 et que pour de la “hausse de productivité”, on est passé ni vu ni connu, pour une production journalière de lait de vache, de 3-4 à progressivement 6-7 jusqu’à 20 voire 80 litres !!!!!
En proportion, il y a davantage d’IGF-1 dans le lait les mammifères de grande taille (vache) par rapport aux mammifères de petite taille (chèvre,brebis).

C’est précisément ce point qui alimente les débats.
Certains s’interrogent sur l’effet d’une consommation régulière de produits laitiers riches en IGF-1 sur certaines pathologies, notamment dans des contextes de cancers hormonodépendants. D’autres estiment que les quantités réellement absorbées et les effets physiologiques observés restent insuffisants pour conclure à un danger généralisé.

Là encore, la nuance est essentielle. Ce n’est pas parce qu’un aliment contient une molécule bioactive qu’il faut le diaboliser. Mais cela ne veut pas dire non plus qu’il faut fermer les yeux sur les questions posées par une consommation importante et régulière.
Dans le doute, néanmoins, le principe de précaution s’impose, non ?

Le calcium : le lait est-il indispensable pour les os ?

Le lait est souvent présenté comme LA grande source de calcium par excellence. Et il est vrai qu’il en apporte….. Un peu. Cela ne signifie pas qu’il est la seule option, ni forcément la meilleure dans tous les cas.

Les besoins en calcium peuvent aussi être facilement couverts par d’autres aliments : certains légumes verts comme les choux, les bettes, les brocolis…., les eaux minérales riches en calcium, les sardines avec arêtes, les amandes (6 minuscules amandes apportent autant de calcium qu’1 litre de lait !), certaines graines, ou encore les produits fermentés selon leur composition. L’important n’est pas de boire du lait “par principe”, mais de s’assurer que l’ensemble de l’alimentation couvre les besoins.

La question des os ne se résume évidemment pas qu’au calcium. Elle dépend aussi de l’activité physique, de l’apport en protéines, de la vitamine D, du statut en magnésium, du sommeil, de l’inflammation et de l’équilibre acido-basique global. Une alimentation cohérente et un mode de vie actif comptent au moins autant qu’un verre de lait.

Lait, fromage, yaourts : tous les produits ne se valent pas

Il faut distinguer le lait des produits laitiers fermentés ou affinés. Un fromage affiné ne contient pas la même quantité de lactose qu’un lait frais. Un yaourt n’a pas le même profil digestif qu’un grand verre de lait. Les (in)tolérances peuvent donc varier fortement selon le produit choisi.

De plus, les produits laitiers ne jouent pas tous le même rôle dans l’alimentation. Un yaourt nature, un fromage au lait cru, un verre de lait, une boisson lactée sucrée ou un dessert industriel “au lait” n’ont pas le même intérêt nutritionnel. Le vrai enjeu, comme souvent, est de regarder la qualité globale du produit, sa transformation et sa place dans l’alimentation quotidienne.

Le lait est-il inflammatoire ?

La question revient souvent. La réponse n’est pas uniforme. Chez certaines personnes, notamment celles qui digèrent mal le lactose, qui supportent mal la caséine ou qui présentent une sensibilité digestive particulière, les produits laitiers peuvent effectivement majorer l’inconfort et donner l’impression d’entretenir un terrain inflammatoire.

Chez d’autres, il n’y a aucun problème notable. Tout dépend donc du terrain individuel, de la quantité consommée et du type de produit laitier. Il ne faut ni tout diaboliser, ni tout banaliser. La bonne démarche consiste à observer les effets concrets sur votre corps. Lui, il sait !

Faut-il supprimer le lait et les produits laitiers ?

Pas nécessairement ……. tout de suite. Il peut être utile de le tester, surtout si vous avez des symptômes digestifs récurrents, des ballonnements, des troubles du confort intestinal, des douleurs diffuses ou une sensation que certains produits laitiers vous “plombent”.

Un essai simple consiste à retirer le lait pendant quelques jours ou quelques semaines ou – pour les plus courageux/euses – quelques mois, puis à observer les effets.
Si vous vous sentez mieux, cela mérite d’être pris au sérieux.
Si vous ne voyez aucune différence, lisez et relisez attentivement ce qui suit:
– Les protéines des produits laitiers sont la 1ère cause d’intolérance alimentaire et sont associés à des anticorps facteurs de diabète de type 1;
– Les graisses des produits laitiers sont saturées ou trans – le beurre est un concentré d’acides gras saturées, incombustibles et pro-inflammatoires – les graisses des fromages forment des savons insolubles avec le calcium et le magnésium, bloquant carrément leur absorption;
– Le lactose des produits laitiers provoque soit des intolérances, soit sont facteurs plus tard de cataracte et de neuropathie dégénérative;
– Les produits laitiers contiennent plus de 12 stéroïdes (sans lesquels une vache ne peut plus produire de lait) qui sont facteurs d’acné et de cancers hormonodépendants;
– Les produits laitiers sont insulinagogues, ce qui favorise croissance excessive, puberté précoce, surpoids, diabète, et à nouveau promotion des cancers hormonodépendants;
– Les produits laitiers sont plus facilement pollués par des polluants liposolubles, en particulier des perturbateurs endocriniens;
– Les produits laitiers sont très riches en diverses formes de micro-ARN qui stimulent mTOR, un “chef d’orchestre” de l’inflammation, un accélérateur du vieillissement et un promoteur de tumeurs;
– La consommation des produits laitiers n’est pas associée à une réduction des risques d’ostéoporose.

A vous de juger le rapport “bénéfices/risques” !

Quelles alternatives choisir ?

Si vous souhaitez réduire (très bien) ou remplacer (mieux) le lait et les produits laitiers, il existe plusieurs options. Le choix dépend de l’objectif recherché : goût, cuisine, digestibilité, apport nutritionnel ou santé tout simplement.

Vous pouvez par exemple vous orienter vers :

  • les yaourts nature ou produits fermentés selon votre tolérance, bio et fermier il va sans dire, à la limite de vaches qui ont vu “le ciel et la prairie” ou du lait de chèvre  – les yaourts les plus recommandables sont ceux à base d’hydrolats de soja, au bifidus ou au lactobacillus, sans confiture au fond du bocal en verre; 
  • les boissons végétales enrichies, en vérifiant attentivement leur composition, en particulier le sucre  ;
  • les eaux minérales riches en calcium ;
  • l’huile d’olive pour remplacer très avantageusement le beurre;
  • les “faux-mages”, très goûteux et fabriqués avec des ingrédients végétaux
  • le kéfir si son goût abominablement suret ne vous rebute pas (c’est vrai que c’est dégueulasse au début et en même temps, on l’endorphinise très vite avec quelques amandes et des graines de chia !);
  • les légumes verts et les oléagineux pour compléter les apports.

Attention au marketing hyper agressif des “boissons végétales” – aussi appelées lait ! –  qui n’apportent pas toujours autant de protéines ou de calcium qu’on l’imagine. Toutes ne se valent pas. Certaines sont très intéressantes, d’autres beaucoup moins, surtout lorsqu’elles sont sucrées ou très diluées. Prenez le temps de lire les compositions.

 Ce qu’il faut retenir

Le lait n’est ni un aliment miracle, ni un poison universel. Il peut avoir sa place dans l’alimentation, mais il n’est pas indispensable. Sa tolérance varie selon les personnes, notamment en raison du lactose, de la caséine et du terrain digestif ou inflammatoire.

Pour beaucoup de personnes, il vaut mieux raisonner en termes de tolérance individuelle, de qualité du produit et de cohérence globale du mode de vie.
Si vous le digérez bien, le lait peut rester un aliment parmi d’autres, “c’est vous qui voyez” comme on dit!. Si vous le supportez mal, il n’y a aucune obligation de le conserver.

Pour terminer, je vous partage l’infographie de la “pile énergétique” créée par l’UDNF.
Vous aurez une attention spéciale à la position des produits laitiers dans cette pile..
Pour une assiette débordante d’énergie et remplir votre pile, retrouvez quelques conseils utiles dans Comment construire une assiette débordante d’énergie.

Et vous, quelle est la place des produits laitiers dans votre alimentation ? Avez-vous déjà fait un test “sans” ? Qu’en ont dit votre digestion, votre énergie et votre confort intestinal ?
Dites-le moi en commentaires !

Le sucre: 5 “bienfaits” pour saboter sa santé en douceur

sucre-bobons-sucette-tête_de_mort

Ah, le sucre. Ce grand ami du quotidien. Il est forrrrrmidable. Fo-ormidable. Vraiment!
Je ne me permets de vous en parler ici sur ce blog que dans un seul et unique but: vous en détacher!
Ce petit génie blanc, parfois brun, parfois caché, toujours prêt à nous offrir une joie éclair, une énergie fulgurante… et, avec un peu de chance, quelques années plus tard, une belle collection de conséquences métaboliques à gérer. D’abord, il y a les caries ……. un détail limite risible comparé au reste: citons par exemple,le diabète de type 2,  le foie ‘gras”, les troubles cognitifs, l’inflammation, la dysbiose, etc
On ne remerciera donc jamais assez cet aliment capable de faire monter la glycémie comme un feu d’artifice, avant de laisser le corps se débrouiller avec les dégâts.

Le sucre a ce talent rare : ni vu, ni connu, pas vu, pas pris, il donne l’impression d’aider pendant quelques minutes, puis il rappelle brutalement qu’il ne travaille jamais gratuitement.
L’adage “si c’est gratuit, c’est que c’est vous le produit !” n’a jamais été autant d’actualité! C’est un peu le joker de l’alimentation moderne : il arrive en renfort, puis repart en laissant la facture. Et comme il est partout, dans tous les produits transformés, dans les biscuits, les boissons, les yaourts, les sauces, les céréales du matin et les petits plaisirs “sans conséquence”, il finit par s’inviter à toutes les tables comme un colocataire infernal qu’on n’a jamais vraiment choisi.

Le sucre (peu importe lequel, sucre blanc, sucre roux, cassonade “gamin” ( “reviens ici !” ), sucre de canne, sirop d’agave, sirop d’érable, sucre de coco, miel, sirop de glucose-dextrose, maltose, dextrose …. et j’en passe!), agit comme une drogue chez les animaux. Nous sommes des animaux ! L’équipe du Dr Serge Ahmed du CRNS de Bordeaux a démontré que chez les rongeurs, le sucre est préféré à la cocaïne ! Rien que ça !
Et l’addiction est augmentée par la présence de graisse dans les aliments.

Alors, pour rendre hommage à ce champion de l’ambiguïté, voici tadaaa- les 5 bienfaits du sucre. Enfin, “bienfaits” est un mot généreux. Disons plutôt : les 5 services qu’il rend très efficacement à notre déséquilibre.

1. Il provoque une montée très rapide de la glycémie

Commençons par le plus beau. Le sucre a cette capacité remarquable à faire grimper la glycémie rapidement, parfois très rapidement, ce qui va donner une sensation immédiate d’énergie, de réconfort ou de “petit coup de boost”. C’est charmant sur le papier. En pratique, le corps n’apprécie pas toujours le spectacle.

D’où provient cette sensation de réconfort?

L’élévation d’insuline va permettre 3 réactions: 1. faire passer le glucose dans le sang – 2. permettre aux acides aminés branchés d’aller dans les muscles – 3. stocker le surplus d’énergie non utilisé sous forme de graisse.
C’est de la réaction 2 que vient la sensation de réconfort. Les acides aminés branchés vont dans les muscles, laissent la place au tryptophane pour passer la barrière hémato-encéphalique (le cerveau, quoi !); ce qui va fournir à nos braves neurones (enfin, ceux qui restent !), de quoi fabriquer l’hormone du bien-être, j’ai appelé la sérotonine.
Autrement dit, en clair et sans décodeur, le sucre agit un psychotrope hyper-puissant; il nous apaise !
Brave susucre !

Et donc, à chaque montée brutale, il faut une réponse tout aussi brutale. Le pancréas s’active, l’insuline monte, la glycémie redescend, parfois trop vite, et le système se retrouve à jouer au yo-yo comme un enfant sur un trampoline. Résultat : fringale, fatigue, irritabilité, envie de re-sucre, et le joli cercle vicieux recommence.

Le sucre est donc formidable pour créer une sensation de performance immédiate… suivie d’un contre-coup. 

2. Il entretient les fringales et la faim de retour

Le deuxième “bienfait” du sucre, c’est sa capacité à ne jamais laisser le corps tranquille. Après l’ascenseur glycémique, il y a souvent l’effet rebond : la faim revient plus vite, parfois plus fort, et pas forcément avec des envies de salade de lentilles. Sans blague ! Étonnant, non ?
Pas tant que ça, en fait! L’effet de la sérotonine est de faible durée et faiblit très rapidement. Comme un “shoot” de drogue, l’effet du sucre est puissant et immédiat mais retombe hyper vite. Et vlatipa que 2h après la prise, nous avons besoin “d’une autre dose”. Résultat, on ouvre le frigo, pour avaler un autre soda, on ouvre un nouveau paquet de biscuits que l’on a tendance à finir, et on n’arrive plus à contrôler ses pulsions.

Le sucre agit un peu comme un faux messager de satiété. Sur le moment, il donne l’impression d’avoir nourri. Mais cette impression est courte. Très courte. Très très courte. Le cerveau en redemande, le corps réclame une nouvelle dose, et on passe du plaisir à la dépendance comportementale sans même voir le virage.

C’est là toute la beauté du mécanisme : plus on en mange, plus on a envie d’en remanger. Le sucre sait entretenir la fidélité. Il est moins un aliment qu’un très bon commercial. Il crée le manque puis vend la solution. Une performance qu’on aurait presque envie d’admirer, si elle ne faisait pas autant de dégâts.

3. Il favorise le stockage d’énergie quand le corps n’en a pas besoin

Troisième cadeau du sucre : il aide le corps à stocker. Quelle gentillesse. Quand l’apport énergétique dépasse les besoins, l’organisme ne jette pas l’excédent par la fenêtre. Non, il le range soigneusement, souvent sous forme de graisse. Le sucre participe pleinement à cette stratégie.

Bien sûr, tout dépend des quantités, de la fréquence, du contexte global et du mode de vie. Mais quand le sucre devient un invité quotidien, qu’il s’ajoute aux apports déjà élevés, qu’il accompagne des repas peu rassasiants et une activité physique insuffisante, il devient un allié très efficace de la prise de poids.

Le plus ironique, c’est que le sucre se présente souvent sous des formes qui donnent bonne conscience. “C’est juste un petit dessert.”
“C’est un jus.”
“C’est un produit allégé.”
“C’est bio.” Oui, même bio, du sucre reste du sucre !
“C’est artisanal.” A ce sujet, voir une analyse édifiante d’un produit « artisanal » dans Glace moka “fabrication artisanale” : que vaut vraiment la composition de ce pot pour les enfants ?
Très bien. Le corps, lui, regarde surtout le total, la fréquence et la charge glucidique globale. Il n’est pas impressionné par le storytelling.

4. Il fatigue les systèmes de régulation à long terme

Le quatrième “bienfait” du sucre, c’est qu’il ne se contente pas de jouer avec l’énergie immédiate. À force de répétitions, il use les systèmes de régulation. Le corps aime la stabilité. Le sucre, lui, adore le désordre. Et quand le désordre devient chronique, les mécanismes de compensation finissent par s’épuiser.

Sur le long terme, l’organisme doit gérer des fluctuations plus fréquentes, des signaux hormonaux moins lisibles, et un environnement alimentaire de moins en moins cohérent. Le corps ne “craque” pas d’un coup. Il s’adapte, il compense, il résiste, puis un jour il montre des signes d’essoufflement. Inévitablement !

C’est souvent comme cela que les choses se passent : on ne voit rien pendant longtemps, puis les marqueurs se dégradent, le poids monte, l’énergie baisse, la digestion devient capricieuse, le sommeil se fragilise, et l’on se demande avec une sincérité désarmante : “Mais comment est-ce arrivé ?” Mystère. Absolument aucun indice dans le placard à biscuits ?

5. Il s’invite partout et rend l’alimentation moins naturelle

Cinquième grand pouvoir du sucre : sa présence discrète mais omniprésente. Il ne se contente plus d’être dans les bonbons ou les sodas. Il s’est glissé dans les produits du quotidien, souvent sans prévenir. Sauces, plats préparés, céréales, biscuits, desserts lactés, boissons “fruitées”, encas, condiments… Le sucre adore voyager incognito.

Et c’est là que sa vraie force apparaît : il modifie notre rapport à la nourriture. À force d’en consommer, on s’habitue à un niveau de douceur qui rend les aliments simples presque “fade”. Un yaourt nature devient austère. Un fruit paraît moins séduisant qu’une préparation sucrée. Un repas sobre semble moins amusant. Le sucre reprogramme le goût.

C’est probablement l’un de ses effets les plus malins. Il ne fait pas seulement monter la glycémie. Il déplace le standard du plaisir. Il habitue le palais à une intensité artificielle, puis rend le retour au goût naturel plus difficile. Le résultat est terrible pour l’alimentation durable, la santé métabolique et l’autonomie alimentaire.

Pourquoi le sucre est si difficile à déloger ?

Le sucre n’est pas seulement un ingrédient. C’est un produit d’habitude, de réconfort, de récompense, de culture, de marketing et de disponibilité permanente. Il s’associe à l’enfance, aux pauses, aux fêtes, aux émotions, aux automatismes. Il est devenu un réflexe social autant qu’un choix alimentaire.

C’est pour cela que le sujet mérite mieux qu’une morale simpliste. Dire “arrêtez le sucre” ne suffit pas. Il faut comprendre comment il s’installe dans les routines, comment il remplace le vrai rassasiement, comment il soutient les produits ultra-transformés et comment il finit par s’imposer comme une norme.

Le problème, ce n’est pas une cuillère de sucre. Le problème, c’est ce put…de système agro-alimentaire qui l’utilise comme outil de dépendance douce. Une dépendance polie, souriante, colorée, et surtout très rentable. Pas pour la santé malheureusement !

Comment réduire sa place sans se raconter d’histoires

Si vous voulez reprendre la main, il faut être pragmatique. Pas héroïque. Pragmatique.

Commencez par repérer où le sucre se cache le plus souvent. Les boissons sucrées, les biscuits du quotidien, les petits-déjeuners industriels, les desserts systématiques, les collations “réconfort”, les sauces préparées. Ensuite, remplacez progressivement. Pas tout d’un coup. Pas dans la violence. Mais avec méthode. Etape par étape. Petits pas par petits pas. Step by step.

Quelques pistes utiles :

  • privilégier l’eau, le thé ou les infusions (avec de la menthe du jardin par exemple)  plutôt que les boissons sucrées ;
  • manger des “bons” glucides à faible Ig (comme lentilles, quinoa, céréales complètes, patates douces, …)  qui apporte lentement et en continu ce dont le cerveau a besoin pour fabriquer de la sérotonine;
  • construire des repas plus rassasiants, avec protéines, fibres et vrais aliments ;
  • au goûter, à partir de 17h, il est encore plus important de consommer des glucides lents: 1 ou 2 portions de fruits, du chocolat noir à 70 % minimum, en association avec des oléagineux qui, grâce à leurs protéines, fibres et bons lipides, ralentissent la digestion et permettent ainsi de diminuer l’impact de la glycémie. Les noix de cajou contiennent une quantité importante de tryptophane.
  • cuisiner davantage, même et surtout simplement ;
  • limiter les achats “automatiques” qui remplissent les placards de sucre déguisé. Privilégier les achats de certains aliments très riches en micronutriments comme expliqué dans l’article 9 aliments riches en micronutriments à toujours avoir chez soi
  • modifier ses habitudes: en diminuant petit à petit la quantité de sucre, le palais se réhabitue au vrai goût des aliments et on finit par l’endorphiniser tel quel (la répétition crée le plaisir) – changer une habitude, c’est juste trouver plus de plaisir dans une autre habitude;
  • et pour terminer, faire du sport! Il va juste remplacer le sucre car le sport améliore plusieurs neurotransmetteurs dont les endorphines et la sérotonine (encore elle !) – il permet un meilleur contrôle des pulsions, améliore notre humeur, notre bien-être et aide à anticiper les plaisirs;

Le but n’est pas d’éradiquer tout plaisir.
Le but est d’en finir avec l’illusion qu’un aliment qui crée des montagnes russes dans le corps serait un allié de la santé.

Ce qu’il faut retenir

Le sucre est brillant pour une chose : faire vite. Vite monter la glycémie, vite donner une sensation de récompense, vite favoriser le stockage, vite nourrir les fringales, vite installer une habitude. Il est donc redoutablement efficace. Pas pour la santé. Pour le déséquilibre.

C’est précisément pour cela qu’il faut le regarder sans naïveté. Le sucre n’est pas un petit plaisir innocent. C’est un acteur central de l’alimentation moderne, avec un pouvoir énorme sur nos comportements, notre énergie et notre métabolisme. Il ne s’agit pas de diaboliser chaque gramme, mais de cesser de lui donner le rôle du gentil dans l’histoire.

La prochaine fois qu’on vous parlera des “bienfaits” du sucre, vous pourrez sourire. Oui, il a des bienfaits. Il sait faire monter, fatiguer, dérégler, stocker et séduire. Cinq talents parfaitement alignés. Le problème, c’est que votre corps, lui, paie “cash”.

Last but not least – évitez les édulcorants comme la peste! Depuis leur arrivée sur le marché dans les années 80, on ne peut pas vraiment dire que les problèmes de surpoids et d’obésité ont été solutionnés, n’est-ce pas ? Pour une approche décalée du surpoids et de l’obésité, jetez un oeil sur Surpoids et obésité: comment stopper la pandémie ?

Regardez maintenant votre cuisine en face sans détour, les yeux dans les placards : dites-moi en commentaires combien d’aliments sucrés cachés y entretiennent encore vos fringales et vos coups de fatigue ? 

9 aliments riches en micronutriments à toujours avoir chez soi

chiffre 9 sur fond vert - 9 aliments à avoir dans ses placards

On peut compliquer la nutrition à l’infini en ajoutant des règles-calculs-restrictions compliquées et en même temps, dans la vraie vie, ce qui change tout, ce sont souvent quelques bons réflexes et des placards bien pensés. Avec les bons aliments sous la main, on cesse de dépendre du “je verrai bien ce soir” — ce moment où l’on finit trop souvent par improviser un repas triste, rapide et sans joie.

L’idée ici est simple : garder chez soi (placard ou frigo) des aliments riches en micronutriments, faciles à utiliser, et capables de transformer une assiette ordinaire en assiette vraiment nourrissante. Un peu comme si votre cuisine arrêtait enfin de faire de la figuration et devenait l’actrice-clé!

Pourquoi miser sur quelques essentiels

On pense souvent qu’il faut une liste interminable d’ingrédients, des recettes compliquées et une discipline de moine tibétain pour mieux manger. Biii non !
En réalité, le vrai levier, c’est la régularité : quelques aliments bien choisis, toujours disponibles, font bien plus pour votre quotidien qu’une théorie nutritionnelle brillante mais jamais appliquée.

C’est particulièrement utile dans un contexte où beaucoup d’aliments sont moins riches qu’avant sur le plan micronutritionnel. Autrement dit, il faut parfois remettre un peu de puissance dans l’assiette, sinon elle fait joli… mais elle nourrit en mode économie d’énergie.

Le principe de base

Avoir chez soi des aliments “prêts à l’emploi” permet de :

  • mieux composer ses repas ;
  • éviter les craquages de dernière minute ;
  • gagner du temps ;
  • augmenter la densité nutritionnelle sans complexifier la cuisine.

Allez, c’est parti – suivez le guide 😄 !

1. Levure de bière

La levure de bière fait partie de ces aliments qui semblent modestes, mais qui savent travailler en silence. Elle apporte surtout des vitamines du groupe B, très utiles pour le métabolisme énergétique et le bon fonctionnement mitochondrial et cellulaire. En effet, nos “chaudières énergétiques”, les mitochondries, ont besoin d’énormément de nutriments pour transformer nos lipides et glucides en énergie ATP.

Elle s’utilise très facilement sur des crudités, une salade ou même certains plats simples. Pas besoin de la traiter comme un objet sacré : une petite cuillère bien placée suffit souvent à faire la différence.

Pourquoi elle mérite sa place

  • Elle enrichit rapidement un repas.
  • Elle soutient l’apport en vitamines B.
  • Elle se conserve facilement dans un placard.

2. Germe de blé

Le germe de blé est l’un de ces aliments qu’on pourrait presque appeler des “boosters de densité nutritionnelle”. Il est particulièrement intéressant quand on veut enrichir facilement une alimentation qui manque parfois de relief micronutritionnel.

Comme la levure de bière, il se saupoudre aussi sur une salade, des crudités ou un plat du quotidien. C’est un peu le petit supplément discret qui ne paie pas de mine, mais qui vient remettre un peu d’ordre dans le chaos nutritionnel.

Son intérêt principal

3. Vinaigre de cidre

Le vinaigre de cidre non pasteurisé a un intérêt particulier, surtout lorsqu’il est utilisé à bon escient. Pris en entrée sur des crudités, grâce à l’histamine qu’il contient, il soutient la sécrétion d’acidité gastrique de l’estomac, ce qui aide à mieux digérer tous vos repas (spécifiquement si copieux), et notamment ceux qui contiennent des protéines comme ceux des déjeuners et des dîners.

Mais attention : en nutrition, le bon sens reste un micronutriment à part entière.
Il y a bien quelques contre-indications. Ainsi il n’est pas conseillé en cas d’ulcère gastrique, chez les personnes sous inhibiteurs de la pompe à protons (les fameux “IPP”), ou en cas d’intolérance à l’histamine, et aussi sur les repas “légers”.

4. Graines de chia

Les graines de chia (ou Kia – on prononce comme on le sent !)  sont une petite merveille de praticité. Une cuillère à soupe suffit, et elles peuvent être trempées durant une nuit dans du lait (éventuellement)  ou une boisson végétale (de préférence) pour former une texture proche d’un yaourt tout gluant et gélatineux. Vous remuez un peu le mélange et hop au frigo pour la nuit !
Au moment de consommer, le lendemain, on y des ajoute fruits secs et le tour est joué!
C’est simple, économique et franchement malin.
Vous aurez besoin de quelques essais pour trouver la consistance qui vous sied. N’oubliez pas: quand on se plante, on grandit !

Elles sont très peu caloriques et leur richesse en fibres en fait un allié intéressant pour la satiété et la santé intestinale. Quand elles sont bien hydratées et comme elles sont hydrosolubles, elles forment un gel doux type mucilage qui peut être plus tolérable pour certains intestins sensibles. Elles sont contre-indiquées en cas de diverticules !

Pourquoi les garder sous la main

  • Elles rassasient bien.
  • Elles apportent des fibres qui nourrissent votre flore intestinale.
  • Elles contiennent aussi des oméga-3.
  • Elles sont la base d’un excellent “goûter” (en combinaison avec les oléagineux ci-dessous)

5. Oléagineux

Noix, amandes, noisettes, noix de cajou, noix du Brésil, noix de pécan, noix de Macadania… la famille est grande, et elle a le mérite d’être très utile. Les oléagineux apportent du magnésium, du sélénium (surtout avec la noix du Brésil, sélénium hyper utile pour le fonctionnement de la glande thyroïde), de bons lipides et une belle variété de micronutriments.

Ils constituent aussi une collation bien plus intelligente que le grignotage habituel qui fait semblant de calmer la faim alors qu’il ne fait que prolonger le désastre. Une poignée d’oléagineux, c’est souvent plus malin qu’un paquet de biscuits “vite fait, vite regretté”.

Le bon réflexe

Choisissez-les bio forcément, nature, non grillés et non salés, afin de préserver au mieux leur qualité nutritionnelle. Achetez-les en vrac et conservez-les aussi dans des récipients en verre. Un petit mélange accompagné d’un carré de chocolat noir min 80 % de cacao en fait un excellent goûter également !

6. Œufs

L’œuf a un statut presque à part. Il est pratique, polyvalent et remarquablement dense sur le plan nutritionnel. Apportant des protéines complètes, plusieurs vitamines du groupe B et des nutriments utiles au bon fonctionnement énergétique, il contient aussi la plupart des acides aminés essentiels, dont la tyrosine, précurseur de la dopamine, ce qui en fait un excellent aliment à prendre lors du déjeuner pour booster sa journée !

C’est aussi l’un des rares aliments qui sait encore faire preuve de modestie tout en étant extrêmement utile. Durs, brouillés, poêlés ou intégrés dans une préparation, les œufs s’adaptent à presque toutes les situations.
L’alimentation des poules est essentielle; choissisez-en une à partir de graines de lin et élevées en plein air – comme chez votre maraîcher/ère locale !

Leurs avantages concrets

  • Faciles à conserver.
  • Faciles à cuisiner.
  • Très intéressants pour un repas rapide et hyper nourrissant.

7. Poissons gras et huile de foie de morue

Les petits poissons gras comme les sardines, maquereaux ou harengs sont de vraies pépites nutritionnelles. Ils apportent des oméga-3 de qualité, notamment les formes EPA et DHA, très intéressantes dans une alimentation équilibrée. Assurez-vous que ces petits poissons “baignent” dans de l’huile d’olive – et pas dans de l’huile de tournesol (qui est trop riche en oméga-6 et de ce gait trop inflammatoire !) !

L’huile de foie de morue , beurk, c’est pas bon!” – Faux! –  C’est un concentré de vitamine A, de vitamine D et d’oméga-3. Il faut cependant l’utiliser avec mesure (1 fois tous les 15 jours), car sa richesse en vit A impose de ne pas en abuser. Ce n’est pas parce qu’un aliment est formidable qu’il faut lui “donner les clefs de la maison”.

L’idée pratique

Avoir une boîte de petits poissons gras ou un produit équivalent au placard permet de composer un repas complet en quelques minutes. Quand on rentre fatigué, c’est un sauveur-héros avec cape.

8. Huiles riches en oméga-3

Les huiles de colza, de lin, de noix ou de cameline sont très utiles pour enrichir les repas. Elles apportent des acides gras intéressants, mais à une condition essentielle : les consommer correctement et rapidement après ouverture.

Le point clé est simple : elles se consomment crues ou presque, mais certainement pas avec une cuisson agressive qui détruirait tout leur intérêt. 

L’huile d’olive est quant à elle une “exception”: elle peut se consommer également en cuisson, sans toutefois aller à la faire crépiter et générer de la fumée bleue, auquel cas elle perd toutes ses propriétés, et pire, elle se transforme en une substance délétère pour le corps (comme les viandes cuites au charbon de bois qui s’imprègnent des substances cancérigènes des fumées – préférez nettement la plancha dans ce cas!) 

À faire

  • Les conserver au frigo pour éviter l’oxydation des omégas 3..
  • Privilégier les petits contenants en verre et teinté uniquement !.
  • Les utiliser rapidement après ouverture.

9. Légumineuses

Tout le monde connaît les céréales! On ne va pas s’étendre sur le sujet !
Les légumineuses, par contre, sont souvent – sniff sniff- les grandes oubliées de l’assiette, (c’est hyper-galère à préparer car il faut les faire tremper la veille, etc ….) alors qu’elles mériteraient presque une médaille d’honneur.
Pois chiches, lentilles, haricots rouges, haricots blancs, flageolets… elles apportent des fibres, des protéines végétales de qualité ( et en quantité; de l’ordre de 25g de protéines par 100g!) et une vraie densité nutritionnelle.

Leur grand avantage, c’est aussi leur praticité. En bocal ou en conserve, elles permettent de monter un repas solide sans passer une heure en cuisine à négocier avec une casserole. Le houmous, par exemple, va devenir un apéritif intelligent ou même une base de petit-déjeuner salé. (recette “easy”: 5 cas de pois chiches cuits, 1 ail, jus de ½ citron, 1 cas de tahin (pâte de sésame), une lichette 3/4 d’huile d’olive, 1 cac du mix anti-inflammatoire curcuma-gingembre, un peu de paprika si vous aimez, mixez le tout et c’est prêt!)  

Pourquoi elles comptent

  • Elles nourrissent vraiment.
  • Elles sont économiques.
  • Elles enrichissent un repas en fibres et en protéines végétales (je rappelle ….. 25gr par 100 gr ….)

Construire une cuisine simple et dense

L’objectif n’est pas d’avoir une cuisine parfaite.
Mieux vaut “fait” que “parfait” ou “pas fait” .
L’objectif est d’avoir une cuisine qui aide vraiment à manger mieux, tous les jours.
Inutile de tout acheter d’un coup, sur un coup de tête; l’idéal est de constituer au fil du temps une base solide et fiable et d’intégrer aliments par aliments, étape par étape !
Avec ces 9 aliments sous la main, on gagne du temps, on évite les repas improvisés et on améliore la qualité nutritionnelle globale sans rendre la vie plus compliquée.
Et surtout, on réduit la place laissée aux produits ultra-transformés blindés de crasse.

En réalité, le placard fait souvent plus pour votre santé que votre bonne volonté du lundi matin. Un environnement bien pensé vaut mieux qu’un grand discours sur la motivation. Et votre cuisine, elle, doit travailler pour vous, pas contre vous.

Conclusion

Mieux manger ne demande pas forcément plus de règles ou plus de temps, mais plus d’intelligence pratico-pratique. Quelques aliments bien choisis, toujours disponibles chez soi, permettent déjà d’enrichir fortement les repas du quotidien.

Levure de bière, germe de blé, vinaigre de cidre, graines de chia, oléagineux, œufs, petits poissons gras, huiles riches en oméga-3 et légumineuses forment une base simple, solide et très utile.
Avec eux, l’assiette devient plus dense, plus nourrissante et beaucoup plus favorable à l’énergie au quotidien.
Et pour découvrir comment construire une “assiette” débordante d’énergie, je vous invite à lire Comment construire une assiette débordante d’énergie.

Et si vous commenciez aujourd’hui par remplir vos placards autrement ? Pas besoin de révolutionner toute votre cuisine d’un coup : choisissez 2 ou 3 de ces aliments, ajoutez-les à vos habitudes, et observez la différence après quelques semaines. Une meilleure assiette commence souvent par un meilleur placard.

Cette liste est issue de mon expérience et des aléas de vie.
Et vous, quels sont les aliments qui sont devenus vos essentiels et comment sont-ils “apparus” dans votre quotidien ?
Dites-le moi en commentaires.

Comment construire une assiette débordante d’énergie.

assiette_repas_complet_energie_nutrition_sportif

On parle souvent d’énergie comme si elle dépendait seulement de ce que l’on met dans son assiette. En réalité, l’énergie se construit dans un ensemble bien plus large : la qualité des aliments, la digestion, le sommeil, le mouvement quotidien, l’état inflammatoire et la capacité du corps à transformer les nutriments en ATP (adénosine-triphosphate).
Autrement dit, une assiette vraiment énergisante ne se limite pas au contenu de l’assiette elle-même. Elle englobe tout ce qui permet au corps de bien fonctionner.

La performance commence bien avant l’effort

Beaucoup de personnes cherchent le bon repas au bon moment, alors que la vraie base se joue au quotidien. Une assiette débordante d’énergie repose d’abord sur une alimentation équilibrée tout au long de l’année, avec des repas complets, variés et suffisamment riches en micronutriments.
Un organisme qui fonctionne mal au quotidien ne devient pas vigoureux par magie, pile-poil au moment où on en a besoin.
Et lorsque l’on parle de repas complet, cela n’a rien, mais alors, strictement rien à voir avec le fait que le repas soit “chaud” ou “froid”.
Un repas “tartine-confiture” le matin et un repas “tartine-jambon-fromage” le midi ne sont pas des repas équilibrés.

Le vrai sujet n’est donc plus seulement de « manger assez ». Il s’agit surtout de nourrir correctement les cellules pour qu’elles puissent produire de l’énergie utile, stable et durable. C’est là que la nutrithérapie, la micronutrition, la digestion et l’hygiène de vie prennent toute leur place.

Les mitochondries, au cœur de l’énergie

Pourquoi mangeons-nous ?
Par plaisir bien entendu, et en même temps, surtout pour produire de l’énergie!
L’énergie ne sort cependant pas directement des calories ingérées. Elle est produite dans les mitochondries, à partir d’une chaîne de réactions qui transforme les glucides, les lipides et certains acides aminés en ATP.
Si cette machinerie tourne mal, on peut manger suffisamment – de l’ordre de 2500 à 3000 kcal/jour –  et rester pourtant fatigué, lent ou incapable de récupérer correctement, un peu comme une voiture qui tourne “au ralenti” malgré le plein de carburant!

Le mouvement régulier améliore justement la densité et l’efficacité mitochondriales dans le muscle.
Toutes les cellules du corps possèdent des mitochondries. Ce qui est intéressant, c’est que les cellules des muscles possèdent davantage de mitochondries, entraînant une meilleure “rentabilité” de la masse musculaire.
C’est pour cela qu’en bougeant plus et plus souvent, on souffre moins vite, on tient mieux l’effort et on récupère plus facilement.
L’énergie ne dépend donc pas seulement de l’assiette au sens alimentaire, mais aussi de la manière dont le corps s’entraîne à utiliser ce qu’il reçoit.

Le magnésium, minéral clé

Parmi les micronutriments essentiels, le magnésium occupe une place centrale. Il intervient à toutes les étapes de la production d’énergie et contribue aussi au fonctionnement musculaire et nerveux.
En cas de déficit, la machine se grippe : fatigue, récupération incomplète, tensions, parfois crampes ou baisse de rendement.

Tous les magnésiums ne se valent pas. Le type de « sel » utilisé compte énormément, car certaines formes sont mieux tolérées et mieux absorbées que d’autres.
J’explique cela en détail dans l’article Magnésium : ses rôles, à quoi sert-il vraiment et comment savoir si on en manque ?
La vitamine B6 est également intéressante, car elle favorise la rétention du magnésium et soutient les voies métaboliques qui produisent de l’énergie.

Coenzyme Q10 et stress oxydatif

De la même manière qu’une voiture ou une chaudière à la maison produit de l’énergie avec un coût (la pollution engendrée), le corps aussi paie un “coût” pour cette production d’énergie, c’est ce qu’on appelle le stress oxydatif.
La coenzyme Q10 – de son petit nom CoQ10 – est ainsi une autre molécule importante pour la production d’énergie mitochondriale. Elle intervient dans la chaîne respiratoire et participe au transport des électrons. En effet, ces électrons “libres” dans les cellules et en particulier les mitochondries, en rencontrant l’oxygène O2 qui se balade, créent des anions superoxydes qui sont des radicaux libres très puissants!
Cette CoQ10 est ainsi super intéressante parce qu’elle aide à limiter le stress oxydatif généré par l’effort de produire de l’énergie.

Plus on produit d’énergie, plus on génère mécaniquement des radicaux libres. Cela ne veut pas dire que le corps fonctionne mal, bien au contraire : cela signifie qu’il doit être protégé pendant qu’il travaille.
La coenzyme Q10 peut donc avoir un intérêt particulier lorsque la fatigue est importante ou que les besoins de soutien mitochondrial semblent élevés.

Digestion et assimilation

Manger sainement ne suffit pas si la digestion ne suit pas.
Un aliment avalé n’est pas encore un nutriment assimilé.
Le corps a besoin de micronutriments, il n’a que faire de morceaux de salade ou de poulet!

Et tant que les intestins seront édentés, il faudra une bonne mastication, une acidité gastrique suffisante, une bile fonctionnelle, des enzymes digestives efficaces et une flore intestinale équilibrée.
Ça paraît bête la mastication, hein !
En fait, c’est un essentiel – par exemple afin de bien décomposer les fibres !

Chez de nombreuses personnes, le système digestif est mis à l’épreuve par le stress, les repas pris trop vite, les excès répétés ou les aliments mal tolérés.
Si l’intestin est déjà sensible, cela peut entretenir ballonnements, inconfort, inflammation et baisse d’énergie.

Un intestin en bonne santé

L’intestin mérite autant d’attention que le reste du terrain. Les troubles digestifs ne sont pas des détails secondaires : ils perturbent l’assimilation, la récupération et parfois même l’état inflammatoire global.
Un intestin poreux ou irrité peut devenir un frein majeur à la vitalité.

Pour le soutenir, il faut une alimentation riche en végétaux variés, en fibres, en aliments peu transformés et en nutriments protecteurs.
Mâcher et mastiquer lentement, prendre les repas au calme et éviter les charges alimentaires mal tolérées sont des gestes simples et puissants.

Protéines : qualité, bon moment et juste dose

Pour se faire une idée, les protéines sont comme des colliers de perles d’acides aminés.
Certains de ces acides aminés sont dits “essentiels” dans le sens où le corps humain est simplement incapable de les fabriquer; ces acides aminés essentiels doivent alors être amenés par notre alimentation.
Les protéines sont indispensables – de l’ordre de 0,8 à 1,2 g/kg/jour – , mais l’excès n’est pas une stratégie gagnante.
Un apport trop élevé, surtout le soir avec la viande, peut nuire au sommeil, accentuer la lourdeur digestive et entretenir un terrain pro-inflammatoire chez certaines personnes.
Les protéines seront prises principalement au matin et à midi, afin de potentialiser la production de dopamine.

L’idée n’est donc pas d’augmenter les protéines sans réfléchir, mais de les adapter au besoin réel, au niveau d’activité physique et au moment de la journée.
Les protéines animales sont utiles, notamment pour la vitamine B12, le fer héminique et le zinc plus biodisponible. Et en même temps, les protéines végétales ont aussi toute leur place, à condition de bien les associer, par exemple en combinant céréales et légumineuses.
Le soja, le quinoa, l’amarante amènent au corps tous les acides aminés essentiels.
Je recommande idéalement un rapport ⅓ de protéines animales et ⅔ de protéines végétales.

Glucides : éviter les montagnes russes de la glycémie et de l’insuline avec des aliments à faible Ig

Les glucides ne sont pas l’ennemi !
Le vrai ennemi, ce sont les glucides trop rapides, trop raffinés ou mal synchronisés avec les besoins du corps, comme les “barres énergétiques”!
Quand la glycémie monte trop vite, elle redescend très souvent brutalement – c’est ce qu’on appelle une hypoglycémie réactionnelle – avec fatigue, fringales et perte de stabilité énergétique.
Pire que cela, ces variations de glycémie entraînent des variations d’insuline et mettent le pancréas à rude épreuve !
Préserver son pancréas, c’est préserver sa santé à long terme !

Pour éviter cela, mieux vaut privilégier des glucides plus lents et plus complets : avoine, quinoa, sarrasin, légumineuses, fruits adaptés au contexte, légumes riches en fibres.
L’objectif est d’obtenir une énergie plus stable, plus durable et plus compatible avec une journée active et l’intensité de l’effort à fournir.
Il est bon de savoir également que la présence d’insuline dans le sang bloque la “voie des acides gras” pour la fabrication d’énergie.

Faire la place belle à nos amis les légumes

“Je mange une salade de tomates cerises avec une feuille de salade tous les jours, c’est bien ?”
Ben non, ce n’est pas bien!
Ça manque cruellement de variétés et de couleurs, tout ça !
Les légumes apportent des fibres qui ne nourrissent pas le corps, certes !
Ces fibres, par contre, nourrissent les quelques milliards de bactéries de notre flore intestinale. Il faut bien les nourrir ces bouches affamées!
Ces prébiotiques vont ensuite permettre la production de postbiotiques, dont un en particulier, le butyrate qui est un puissant anti-inflammatoire extrêmement utile dans la prévention du cancer du côlon.
Et pour vous convaincre de l’importance de nos amis les légumes, leurs polyphénols nous protègent de manière permanente contre le stress oxydatif des radicaux libres – comme tous ceux de la famille des crucifères (choux en tous genres).

Une alimentation anti-inflammatoire

L’inflammation chronique de bas grade est l’ennemie silencieuse de l’énergie. Elle altère la récupération, fatigue l’organisme et freine la vitalité.
L’alimentation anti-inflammatoire repose sur des bases simples : plus d’aliments bruts, plus de végétaux, plus d’oméga-3 et “forcément” moins voire plus du tout  d’ultra-transformés.

On ne peut pas en faire l’économie; les bonnes graisses ont ici un vrai rôle à jouer : huile d’olive, huile de colza de qualité, graines de lin moulues minute, petits poissons gras et oléagineux.
À l’inverse, certaines graisses industrielles ou déséquilibrées en oméga-6 entretiennent plus facilement un terrain inflammatoire.
En résumé, à retenir en 3 mots: juste mieux gras ! JMG !
Et le sel peut aussi être avantageusement et lentement remplacé par un mélange d’épices de gingembre, de curcuma et de clou de girofle (juste juste un peu !)

Stress, sommeil, récupération et sport

Juste une mise au point – dixit Jackie Q: le stress est quelque chose de physiologique et c’est normal !
Quand il apparaît, le corps crée ce qu’il faut pour nous aider à fuir ou à combattre !
Aujourd’hui, le stress chronique (95% de notre stress ne nous sert à rien !) et le manque de sommeil sabotent discrètement l’énergie. Ils perturbent la digestion, la régénération et l’équilibre hormonal.
Et pour ne rien arranger, le stress fait littéralement “pisser” du magnésium!
Une personne qui dort mal récupère moins bien, gère moins bien l’effort et peut voir sa fatigue s’installer durablement. C’est également un facteur de risque avéré des cancers hormono-dépendants.

Le sommeil ne doit pas être vu comme une pause passive. C’est un moment stratégique où le corps se répare, consolide ses adaptations et recharge ses batteries.
C’est LE système de nettoyage des toxines du cerveau!
En outre, la mélatonine protège les mitochondries.
De la même manière, une exposition en fin de journée à la lumière bleue des écrans peut gêner l’endormissement.
A cet effet, le sport est un véritable “médicament”, à la fois outil de prévention et de gestion du stress sur la durée. Se permettre d’exprimer son stress via le sport, c’est enlever au stress son emprise sur nous !

Le bon réflexe au quotidien

Une assiette débordante d’énergie n’est pas une affaire de recette miracle. C’est une stratégie de fond.
Le but est de construire un organisme capable de produire de l’énergie efficacement, de récupérer vite et de rester résistant dans la durée.

Concrètement, cela passe par quelques principes simples :

  • manger équilibré toute l’année ;
  • choisir un alimentation bio et hypotoxique ;
  • soigner la digestion ;
  • soutenir les mitochondries ;
  • éviter les excès de protéines ;
  • choisir des glucides adaptés ;
  • limiter l’inflammation ;
  • respecter le sommeil ;
  • bouger régulièrement et transpirer si possible (et si cela pue, c’est pas grave; c’est une voie de détoxification !).

Quand ces bases sont respectées, le corps devient plus efficace.
Il ne consomme pas seulement de l’énergie : il la fabrique mieux.

Conclusion

La vraie question n’est pas seulement de savoir ce qu’il y a dans l’assiette. C’est de comprendre ce que le corps fait de ce qu’il reçoit.
C’est toute la différence entre une alimentation qui remplit et une alimentation qui nourrit vraiment.

Magnésium, coenzyme Q10, digestion, sommeil, alimentation anti-inflammatoire, légumes, protéines, glucides et mouvement : tous ces paramètres participent à une même logique, celle d’un organisme qui doit convertir ses apports en énergie utile.
Et c’est là que commence la construction d’une assiette vraiment débordante d’énergie.

Car ce qu’on mange de trop, vient principalement de ce qu’on ne mange pas assez!
Je vous invite ainsi à vous focaliser sur ce que vous ne mangez pas assez.
Si vous donnez à votre corps ce dont il a besoin, il vous “foutra la paix” !
Je vous le garantis!

Et vous, votre assiette vous donne-t-elle vraiment de l’énergie, ou vous laisse-t-elle à plat ?
Dites-le moi en commentaire.
Et commencez dès aujourd’hui à construire des repas qui nourrissent, soutiennent et dynamisent votre quotidien.

Surpoids et obésité: comment stopper la pandémie ?

obésité et surpoids - comment stopper la pandémie

Il faut arrêter de traiter le surpoids et l’obésité comme des accidents individuels, isolés, presque honteux. Ce sont des phénomènes de masse, installés par un environnement malsain qui pousse à trop mal manger, trop s’asseoir, trop pas assez bouger, trop mal et pas assez dormir et trop mal gérer le stress (j’aime bien les “trop” !).
Si on veut vraiment stopper cette pandémie, il faut cesser de chercher des solutions médicamenteuses douteuses et commencer à attaquer les véritables causes.
Désolé, ça va piquer !

Ce n’est pas une question de morale.
C’est une question de système.
Et tant qu’on ne changera pas l’assiette, le mouvement, le sommeil et le stress, on continuera à voir les mêmes dégâts se répéter, génération après génération et ce, insidieusement depuis les années 50, depuis les fameuses 30 “glorieuses”, que l’on ferait bien de renommer plus justement en les 30 “désastreuses”, ce qu’elles ont été en vérité dans notre changement de mode de vie ! Un désastre !

Une pandémie qui ne dit pas son nom

A la surprise générale, il y a 3 ans, la population des personnes obèses (tous âges confondus!) dans le monde a dépassé le milliard ! 1 (“et c’est pas rien de le dire” – Mickey3D)
Dans les pays civilisés, voyez-vous, le nombre d’obèses double tous les 15 ans! C’est ce qu’on appelle, en langage mathématique français “courant”, une très jolie courbe exponentielle !
Dans les pays civilisés, voyez-vous, plus de 50 % de la population âgée de 3 ans ou plus, est en situation de surpoids ou d’obésité.
Et c’est assez troublant que cette “explosion” se retrouve – comme par hasard – parfaitement synchrone avec la progression de la distribution d’aliments industriels “ultra-transformés”, sucrés, avec du mauvais gras, trop salés, bourrés d’additifs et autres crasses diverses …… 2
Vous allez me dire – et je le sais: “corrélation ne veut pas dire causalité !”
Mais quand même, avouez (peignoir) tout de même que c’est assez troublant ! (… LN de Julien Clerc ..)

Après le/la/iel (faites votre choix) Covid19, on se retrouve en face de la première pandémie non infectieuse de l’histoire de l’humanité (rien que ça!) et elle s’appelle l’obésité.
Le mot “pandémie” n’est ainsi pas choisi pour vous faire peur !
Non, non, pour vous faire très peur !
Il décrit une réalité : la progression du surpoids et de l’obésité touche une part énorme de la population et alimente une cascade de maladies chroniques dites de civilisation: diabète de type 2, dyslipidémies,hypertension artérielle, maladies cardiovasculaires et neurodégénératives, cancers, …
Sans grande surprise, ces maladies vont tuer, raccourcir l’espérance de vie en bonne santé, faire exploser les budgets de sécurité sociale et par conséquent la dette collective.
Le problème n’est donc plus marginal. Il est structurel.

Le plus grave, c’est que cette situation est souvent présentée comme une fatalité.
Comme si tout reposait sur la volonté individuelle.
C’est faux, et c’est précisément ce récit-là qu’il faut combattre. La prise de poids durable résulte d’un ensemble de 5 facteurs qui s’additionnent : alimentation, sédentarité, sommeil insuffisant, stress chronique, environnement obésogène.

L’assiette, le premier “levier”

Si l’on veut stopper cette pandémie, il faut revenir à l’évidence : l’assiette est le premier levier.
Ce que l’on mange tous les jours finit toujours par laisser une trace. Les produits ultra-transformés, les boissons sucrées, les portions trop grandes et les repas désorganisés poussent à manger plus que nécessaire sans même s’en rendre compte.

Le système agroalimentaire moderne ne nous aide pas.
Il fait pire que cela !
Comme une économie en permanence en temps de guerre, il nous bombarde de produits faciles, rapides, sucrés, salés, bon marchés et hyper palatables.
Résultat : on mange trop, trop vite, trop souvent, et surtout trop loin du réel besoin du corps.

Ce qu’il faut remettre au centre

  • Des aliments bruts ou peu transformés.
  • Des légumes, beaucoup,  à chaque repas.
  • Des protéines choisies avec intelligence.
  • Des féculents simples et rassasiants.
  • La simple eau comme boisson..

La prévention commence là.
Dans le champ, dans le panier, dans la cuisine, dans le contenu de l’assiette.
Et pas dans les slogans publicitaires miniatures et débiles type “Pour votre santé, mangez moins gras, moins sucré, moins salé!”
On s’en tape (“comme de l’an 40”) de ce qu’il ne faut pas faire !

Bouger pour ne pas s’enliser

Des bras, des jambes, des muscles.
Le corps humain est fait pour le mouvement. Quand il ne bouge plus assez, il dépense moins, il s’encrasse davantage et il perd une partie de ses capacités métaboliques. Le problème n’est pas seulement le manque de sport. Le problème, c’est l’inactivité chronique, banalisée comme si rester assis toute la journée était normal.

Il faut le dire clairement : un corps immobile est un corps exposé. Exposé à la prise de poids, oui, mais aussi à l’affaiblissement musculaire, à la baisse d’énergie et à une santé métabolique qui se dégrade.
On rencontre ainsi des personnes en situation d’obésité et de sarcopénie, qui restent grosses en masse grasse, mais qui ont perdu du muscle, ce qui s’avère nocif pour leur santé!
Pour comprendre ce phénomène pour le moins étonnant, je vous invite à lire mon article – La graisse brûle-t-elle le muscle ? Mythe ou réalité ?

Ce qu’il faut imposer dans nos vies

  • Marcher davantage.
  • Augmenter le temps en mouvement.
  • Bouger entre deux tâches sédentaires/administratives.
  • Ajouter du renforcement musculaire.
  • Remettre le corps en circulation, tous les jours.

Le sport ne doit plus être une option décorative du week-end.
Le mouvement doit redevenir une norme quotidienne.

Le sommeil, allié ou saboteur

On ne stoppera pas l’épidémie d’obésité en continuant à sacrifier le sommeil sur l’autel de N@tfl!x. C’est impossible. Le manque de sommeil dérègle l’appétit, augmente les envies de produits riches et affaiblit la capacité à faire des choix alimentaires cohérents.

Dormir mal, c’est souvent manger mal le lendemain. Et manger mal, c’est souvent dormir encore plus mal ensuite. Le cercle est infernal. Ce n’est pas un détail de mode de vie, c’est un déterminant majeur de la prise de poids.

Ce qu’il faut protéger

  • Des horaires réguliers.
  • Des soirées moins envahies par les écrans.
  • Un vrai temps de récupération.
  • Un endormissement moins chaotique.
  • Une attention sérieuse aux troubles du sommeil.

Le sommeil n’est pas un bonus.
C’est une base de santé publique.
Et cassons la croyance du:  “on se reposera quand on sera mort!”

Le stress, carburant silencieux du déséquilibre

Le stress chronique est un accélérateur de désordre. Il pousse à manger plus vite, plus sucré, plus désorganisé. Il fragilise le sommeil. Il réduit la disponibilité mentale pour cuisiner, bouger, planifier, anticiper.

Quand le stress devient permanent, le corps ne cherche plus l’équilibre. Il cherche la compensation. Et la compensation passe souvent par l’alimentation-pulsion, les fringales, les repas sautés puis rattrapés, les envies de sucre ou de gras.

Ce qu’il faut faire

  • Réduire ce qui peut l’être.
  • Mieux structurer les journées.
  • Revenir à des repas à heures fixes, idéalement en famille avec un plat unique.
  • Mieux identifier les émotions qui déclenchent les prises alimentaires.
  • Demander de l’aide quand la pression devient trop lourde.

On ne gagnera rien à invisibiliser l’épuisement.
Le stress chronique est un facteur de risque à part entière.

L’environnement obésogène et les lobbies agroalimentaires

Le problème ne vient pas seulement de nos vies individuelles. Il vient aussi d’un environnement structuré pour favoriser la surconsommation alimentaire. Les lobbies agroalimentaires ont un rôle central dans cette logique : ils influencent les produits disponibles, les prix, les formats, la publicité, et même les discours souvent présentés comme “neutres” ou “pseudo-scientifiques”.

Les grandes marques investissent massivement dans le marketing, la transformation, la standardisation et la distribution de produits ultra-transformés, conçus pour être hyper palatables et faciles à vendre en grande quantité. Ces produits sont souvent conçus pour inciter à consommer plus que nécessaire, à grignoter, à acheter plus souvent, à acheter certaines gammes et à rester fidèles à la “marque”.
Retenez ceci ! – Une grosse dizaine de sociétés agroalimentaires décident de plus de 95% de ce qui se trouve sur l’étalage des grandes surfaces.
Vous pensez vraiment avoir le choix ?

À cela s’ajoute une publicité agressive et écoeurante, essentiellement axée auprès des enfants, et une pression constante sur les prix qui favorise les options les moins chères, souvent les moins saines.
Résultat : une population qui ne mange pas seulement “par choix”, mais dans un environnement qui pousse durablement vers l’excès, vers la transformation et vers la dépendance alimentaire.

Le vrai problème : tout se mélange

Le piège, c’est de vouloir traiter séparément ce qui fonctionne ensemble. En réalité, alimentation, activité physique, sommeil et stress se répondent en permanence et sont liés.

Une mauvaise alimentation fatigue. La fatigue réduit le mouvement. Le manque de mouvement dégrade l’humeur. Le stress augmente. Le sommeil baisse. Et la prise de poids s’installe sans faire de bruit.

C’est pour cela que la prévention ne peut pas être morcelée.
On ne “corrige” pas le surpoids ou l’obésité avec une seule consigne.
Il est essentiel de remettre de l’ordre dans tout le mode de vie.

Ce qu’il faut changer pour de bon

Si l’on veut vraiment stopper cette pandémie, il faut agir sur plusieurs niveaux à la fois.

  • Dans l’assiette : plus simple, plus brut, plus végétal.
  • Dans le mouvement : plus de marche, plus de force, plus de muscles.
  • Dans le sommeil : plus de régularité, plus de récupération.
  • Dans le stress : plus de structure, plus de respiration, plus de temps pour soi.

Ce n’est pas spectaculaire. Et c’est précisément pour cela que ça fonctionne!
La prévention ne fait pas de bruit.
Elle construit des habitudes saines et fortes.
Et ce sont ces habitudes qui, à la longue,font la différence.

Ce ne sera pas facile, loin de là!
Pour la facilité, voyez avec la médecine traditionnelle pour la prescription de médocs “miracles” ainsi que dans les magazines « santé » dans lesquels pullulent moult régimes tous plus inefficaces les uns que les autres !

Ce qu’il faut retenir et comment passer à l’action

Le surpoids et l’obésité ne sont pas des fatalités individuelles. Ce sont les symptômes visibles d’un mode de vie et d’un environnement qui dérèglent l’équilibre du corps.

Si nous voulons stopper la pandémie, il faut avoir le courage de regarder la réalité en face : l’assiette, le mouvement, le sommeil et le stress sont les vrais leviers.
Pas les discours culpabilisants, pas les promesses miracles, pas les recettes magiques. Et si vous êtes plus pour les miracles, il y a une pléthore d’endroits sympathiques dans le monde qui s’en occupent ! 

Appels à l’action citoyenne directe

Ce ne sera pas suffisant de changer nos assiettes.
Il convient aussi de changer le système qui nous entoure.
Voici ce que vous pouvez faire, dès maintenant, concrètement, sans attendre que “les décideurs politiques” agissent.

Commencez chez vous.
Ne sautez pas l’étape. Réorganisez vos courses, votre assiette, vos repas, votre cuisine. Choisissez des aliments bruts, des légumes, des protéines simples. Réduisez ou supprimez carrément les produits ultra-transformés. Cuisinez plus souvent. Mangez plus lentement. Mangez en famille. Faites de votre assiette un acte de résistance quotidien. Voyez comment le vote se cache dans l’alimentation durable dans l’article – Comment voter 3 fois par jour avec une alimentation durable ?

Exigez plus de transparence.
Lisez les étiquettes. Ne laissez plus les produits ultra-transformés se cacher derrière des slogans “light”, “sain”, “naturel” ou “pour la forme”. Interrogez les marques. Posez des questions. Donnez votre avis. Plus les consommateurs sont vigilants et intelligents, plus les entreprises sont contraintes de réagir.
Pour un exemple de lecture d’une étiquette d’un produit “artisanal”, je vous invite à découvrir l’article – Glace moka “fabrication artisanale” : que vaut vraiment la composition de ce pot pour les enfants ?

Soutenez les circuits courts et les producteurs locaux.
Achetez chez les producteurs et maraîchers, sur les marchés, dans les coopératives, les épiceries circulaires. Plus vous soutenez les circuits courts, plus vous affaiblissez la logique des chaînes industrielles massives.

N’acceptez plus la publicité toxique pour les enfants.
Faites pression sur les écoles, les communes ou municipalités, les associations, les hôpitaux et tout ce qui se présente dans l’espace public. La publicité pour les produits ultra-transformés, les boissons sucrées et les snacks industriels ne doit plus être autorisée autour des enfants, dans les écoles, dans les transports, dans les lieux publics.

Rejoignez et soutenez des collectifs citoyens.
Les collectifs locaux, les associations de consommateurs, les groupes de santé publique, les mouvements pour une alimentation durable, les réseaux de prévention du surpoids et de l’obésité sont des forces réelles. Plus on est nombreux, plus on pèse sur les décisions. Il y en a forcément autour de vous. Renseignez-vous !

Exigez des politiques publiques militantes.
N’acceptez plus que les politiques de santé publique soient soumises à la puissance “soft power” des lobbies. Exigez des réglementations claires sur les produits ultra-transformés, sur la publicité, sur la fiscalité des produits nocifs, sur l’étiquetage, sur la transparence et sur l’information du public. La santé publique ne doit pas être négociable.

Organisez-vous localement.
Mettez en place des ateliers de cuisine, des groupes d’achat, des jardins partagés, des actions de prévention dans les écoles, les quartiers, les associations. Plus on agit localement, plus on reconstruit un système alimentaire aligné avec la santé et la justice sociale.

La bonne nouvelle, c’est qu’on sait par où commencer.
On commence dans l’assiette.
On continue dans le corps.
On protège le sommeil.
On reprend la main sur le stress.
Et on cesse enfin de laisser l’environnement décider à notre place.
Easy, non ?

Chaque action individuelle compte.
Chaque action collective compte encore plus.
Et c’est ensemble, dans la durée, que l’on peut stopper cette pandémie, pas à pas, assiette après assiette, sommeil après sommeil, marche après marche, action après action.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’il va falloir s’y mettre !

Bravo ! Si vous êtes arrivés jusqu’ici, c’est que la persévérance fait partie de vos qualités !
Et si vous avez lu par 2 fois, le mot “palatable”, c’est que l’attention fait également partie de vos qualités.
Ca ne vous dit toujours pas ce que veut dire “palatable”? Ce n’est pas faux. Patience ! Un futur article en parlera !
En attendant, donnez-moi en commentaire, votre avis sur cette “pandémie” silencieuse et non infectieuse.
A quel point vous sentez-vous concernés ?

  1. Gérard M., Lemaignon J., « Plus d’un milliard de personnes sont aujourd’hui obèses dans le monde », Le Monde, 2024.
    Obésité et surpoids, OMS, 2024. ↩︎
  2. Cordova R. et al., « Consumption of Ultra-processed Food associated with weight gain and obesity in adults: A multi-national cohort study », Clinical Nutrition, 2021, 40. ↩︎

Comment voter 3 fois par jour avec une alimentation durable ?

alimentation durable - légumes frais bio et de saison - épluchés minutes

Le vote est présenté comme le grand rituel incontournable de toute démocratie qui se respecte.
En réalité, c’est souvent une belle mise en scène qui donne l’illusion du pouvoir citoyen, pendant que les vraies décisions se prennent ailleurs, sans plus beaucoup de concertation.
Heureusement, il existe un autre vote, beaucoup plus concret, beaucoup plus fréquent, et  aussi surtout surtout surtout impossible à confisquer : celui de nos repas.

Nous mangeons trois fois par jour, idéalement quatre (en incluant l’indispensable “goûter”). Cela veut dire trois ou quatre occasions quotidiennes (!!!) de faire un choix que personne ne nous impose:
– soutenir un système alimentaire destructeur
– ou au contraire encourager une alimentation plus juste, plus sobre et plus cohérente.
À force d’acheter, de cuisiner et de consommer, nous pesons bien plus que nous ne l’imaginons !

Pourquoi parler de vote alimentaire ?

De la même manière que chacun de nos actes d’achat finance “quelque chose”, chaque assiette finance aussi “quelque chose”.
Chaque achat valide une manière de produire, de transporter, de stocker et de distribuer la nourriture. Derrière une tomate, un yaourt, une viande ou un paquet de biscuits, il y a un modèle agricole, une chaîne logistique, une économie et des choix politiques que l’on finance en permanence.

Nous pensons et nous mangeons sans voir tout cela.
Nous pensons “repas”.
Nous devrions au contraire penser “système”.
L’alimentation durable, ce n’est pas une lubie de bobos : c’est une réponse concrète à un modèle qui épuise les sols agricoles, qui charge notre nourriture d’intrants et de métaux lourds, qui “alourdit” le climat et qui – n’ayons pas peur de l’affirmer haut et fort! – abîme la santé plutôt que de la nourrir !

Ce qu’est une alimentation durable

Une alimentation durable, ce n’est pas manger triste, ni manger pauvre, ni se mettre au régime idéologique. C’est choisir une alimentation qui respecte à la fois le corps, les écosystèmes et les ressources collectives.

Concrètement, cela signifie :

  • plus d’aliments végétaux ;
  • moins d’aliments ultra-transformés ;
  • plus de produits de saison ;
  • plus de cohérence entre origine, méthode de production et besoin réel ;
  • moins de gaspillage ;
  • moins de dépendance à des chaînes industrielles absurdes.

Une alimentation durable n’est pas un sacrifice.
C’est un refus : refus du gaspillage organisé, refus de l’agro-industrie hors-sol, refus de l’assiette vide de sens et de vie.

De trois à quatre votes par jour

Le déjeuner n’est pas neutre. Le dîner non plus. Le goûter encore moins. Et même le souper !
En particulier, lorsqu’ils sont industriels, emballés, sucrés et importés de loin, ces 4 votes participent au même système.

Chaque repas est une possibilité de faire dévier la machine.
Non, pas en une fois.
Non, pas de manière parfaite.
Surtout, que ce soit “fait” et assez souvent pour que la logique change réellement.

Voter avec son assiette, c’est choisir plus souvent :

  • une base végétale plutôt qu’un produit ultra-transformé délétère ;
  • un aliment simple plutôt qu’un produit gonflé d’additifs, dénutri ;
  • un repas préparé maison plutôt qu’un assemblage industriel dégueulasse ;
  • une saisonnalité plutôt qu’une absurdité commerciale aberrante où tout est disponible à tout moment.

La tomate locale contre la tomate importée

Prenons un exemple qui parle à tout le monde : la brave tomate.
(pour l’anecdote: 5 “variétés” à tout casser dans la grande distribution alors qu’il en existe plus d’une centaine de variété différentes – cherchez l’erreur ))

Je disais donc !
La tomate de saison, locale et bio, n’est pas seulement une tomate “sympa”. C’est une tomate qui s’inscrit dans une logique plus sobre. Elle a demandé moins de kilomètres, moins de stockage, moins de ruptures de chaîne, moins d’énergie pour être acheminée jusqu’à l’assiette. Elle a été produite par des maraîchers/ères que vous connaissez!
Elle est blindée de bons nutriments et d’excellents polyphénols car elle a dû “se faire elle-même”, se défendre elle-même, tout seule, comme une grande, sans l’aide de personne et encore moins de produits dits “phytosanitaires”

Face à elle, il y a la belle et luisante tomate importée hors saison (ou plutôt 4 saisons – comme les pneus!) – que j’appelle “balle de tennis” car on peut la laisser tomber et elle “rebondit” comme par miracle – essayez donc avec une tomate locale sans additifs, vous verrez la différence !
La tomate “4 saisons” a souvent parcouru des milliers de kilomètres.
C’est celle qui a mobilisé des camions, des plateformes logistiques, des entrepôts, parfois du froid, parfois du reconditionnement, et toute une machinerie lourde pour finir dans un rayon déjà saturé. Et indirectement, toutes les “usines” qui ont servi à construire tous ces équipements, ne l’oublions pas !
Ce n’est pas juste “une tomate”.
C’est aussi et surtout un fragment de pétrole, de béton, de transport et de dépendance.
Oui, oui, osons le mot et la phrase: dépendance à un système, gavé et addict niveau ++++ aux énergies fossiles!

Alors oui, il faut nuancer : l’impact global ne dépend pas seulement de la distance, mais aussi du mode de production et de la chaîne complète, on est bien d’accord !
Mais dans les faits, entre une tomate de saison issue d’un circuit plus court et une tomate importée portée par une logistique lourde, le choix est politique autant que nutritionnel !

Ce qu’il faut changer concrètement

Si l’on veut sortir du système et commencer à dessiner le monde de demain, il est possible de  passer progressivement à des gestes simples :

  • acheter plus souvent des produits bruts à des producteurs locaux;
  • cuisiner davantage ;
  • réduire les aliments ultra-transformés ;
  • remettre les légumes au centre de l’assiette ;
  • choisir majoritairement des aliments de saison ;
  • privilégier les circuits courts qui ont du sens ;
  • consommer moins, mais mieux.

La clé n’est pas la perfection. Elle ne le sera jamais !
La clé, c’est la répétition.
Trois repas “maison” par jour, c’est déjà une stratégie. Quatre, encore plus. (oui, oui, j’y tiens au goûter )
Chaque fois qu’on choisit mieux, on retire un peu de pouvoir à un système – notamment  alimentaire –  qui ne pense ni à la santé, ni à la Terre, ni aux générations futures!
Et en même temps, on donne notre pouvoir à un système respectueux de la Terre et aux hommes et femmes qui la travaillent !

Garder du plaisir sans renoncer à l’exigence

Être militant ne veut cependant pas dire être triste.
Une alimentation durable va être savoureuse, vivante, joyeuse. Ludique, même !
Elle sera conviviale, locale, colorée et rassasiante.
Le piège que le système “martèle” au quotidien, c’est de croire qu’un discours exigeant doit forcément être austère et qu’il ne “sera pas possible de nourrir tout le monde de cette manière”. N’importe quoi !
Un pays – dit civilisé, excusez du peu ! – de 66 millions d’habitants génère en moyenne 11 millions de tonnes (oui oui, vous avez bien lu!) de déchets alimentaires non consommés 1!
Et tout le monde s’en fout !….

En réalité, plus on revient au simple, plus on retrouve le goût.
Plus on sort des produits ultra-transformés, plus on redécouvre les vraies saveurs. Et plus on se rapproche d’une alimentation cohérente, plus on sent qu’on reprend du contrôle!
Et ça, qu’est-ce que ça fait du bien au moral !

Ce qu’il faut retenir, en clair et sans décodeur !

Voter avec son assiette, c’est refuser de laisser le système décider à notre place trois ou quatre fois par jour. (si si j’insiste)
C’est comprendre qu’un repas n’est jamais anodin.
C’est un acte de souveraineté au quotidien.
C’est cesser de croire que l’alimentation se résume à des calories vides de nutriments et à des habitudes dictées par le marketing hyper-puissant de 12 sociétés mondiales qui décident, via les supermarchés, de 98 % de ce que l’on mange !
Dingue, non ?

Chaque acte d’achat envoie un signal.
L’avantage de l’acte d’achat alimentaire est qu’il est répété et mis en œuvre au quotidien !
Chaque repas soutient un modèle.
Et chaque choix répété construit, à sa manière, le monde dans lequel on veut vivre.
Une tomate locale et de saison n’est pas une révolution.
Et en même temps, mise bout à bout avec des milliers d’autres choix cohérents, elle devient une force politique silencieuse, concrète, et bien plus réelle qu’un bulletin de vote déposé une fois tous les “x” ans.
Et surtout, cette force est inarrêtable !

Et vous, que pensez-vous de cette “force” invisible que nous possédons tous ?
Comment la mettez-vous en œuvre à votre échelle, aussi minime soit-elle ?
Dites-le moi en commentaires !

Il n’y a pas de petits gestes si nous sommes des millions à les réaliser !
Je suis fermement convaincu que le pouvoir est dans l’assiette !
J’écrivais dans l’introduction que personne ne peut nous imposer nos choix alimentaires.
Affirmation qui restera toujours vraie tant que nous continuerons à soutenir tous les producteurs/trices locaux/ales bio et que ces derniers/ières continueront d’exister.
Le jour où le/la dernier producteur/trice aura disparu et qu’il n’y a plus aucune terre de disponible pour cultiver et élever de quoi nous nourrir sainement, ce jour-là, oui, le système aura gagné et nous mangerons ce qu’il aura décidé !
En attendant, et même si cela nous semble compliqué et inaccessible, nous détenons le pouvoir !
A nous de décider si nous le gardons ou pas !

  1. Voir l’excellent livre de Nora Bouazzini – “Mangez les riches: la lutte des classes passe par l’assiette!” – Editions Nouriturfu ↩︎

Magnésium : ses rôles, à quoi sert-il vraiment et comment savoir si on en manque ?

magnesium-graines de courge-bienfaits-mineral-essentiel

Le magnésium – de son petit nom Mg (comme la marque de voiture) – a quelque chose d’assez fascinant, je trouve !
C’est un nom qu’on a tous croisé un jour, plus que probablement en cours de chimie, au milieu du grand tableau de Mendeleïev, ce bidule mystérieux où les éléments semblent avoir trouvé leur place comme dans un immense plan de salle de mariage, avec cette impression que les éléments avaient une vie secrète bien plus organisée que la nôtre.
Pourtant, derrière ce souvenir un peu scolaire, le magnésium est surtout un minéral essentiel, un des plus abondants dans l’organisme, et de là, indispensable au bon fonctionnement du corps.

On l’évoque souvent en cas de fatigue, de stress, de crampes ou de sommeil agité.
Ce n’est pas un hasard : le magnésium participe à de très nombreuses fonctions de l’organisme, notamment 3 essentielles, à savoir:
la production d’énergie,
la fonction musculaire et nerveuse dont la résistance au stress (voir l’explication méga résumée que j’en ai faite dans l’article ……)  ainsi que le capital osseux,
– la régulation de plusieurs processus métaboliques dont la protection de notre coeur.

Le magnésium, c’est quoi exactement ?

Le magnésium est un minéral présent naturellement dans l’alimentation.
Dans le corps, il joue un rôle de premier plan puisqu’il intervient dans plus de 300 – excusez du peu ! – réactions biochimiques (si, si, je les ai comptées …. une seule fois! Pas comme Chuck Norris qui lui, a compté jusqu’à l’infini …… 2 fois! et je ne suis pas Chuck Norris).

Autrement dit, le magnésium ne sert pas à une seule chose, mais à beaucoup de choses à la fois.

Une grande partie du magnésium de l’organisme se trouve dans les os (50%), dans les muscles (25%) et dans les tissus mous tels que le cerveau – oui,oui, le cerveau est bien un tissu mou!
Cela montre bien qu’il ne s’agit pas d’un “petit plus” facultatif “qui ne peut pas faire de mal”, mais d’un nutriment absolument central.

Pourquoi le corps en a besoin ?

Je résume en une seule phrase – c’est le nerf de  …… (je sais ce que vous allez lu dans votre tête et je n’aime pas ce mot – méditez 10 sec sur l’origine de cette expression …..) , non le magnésium est le nerf de l’énergie!
Sans rentrer trop dans des détails désagréables – et en même temps, cela fait toujours sa petite impression de sortir cela en soirée – sans suffisamment de magnésium, les glucides et les acides gras même apportés par une alimentation équilibrée n’ont quasi aucune chance de se transformer à terme en énergie – la fameuse ATP – grâce à nos chères mitochondries 1 (note: ce sont nos centrales énergétiques qui se trouvent dans nos cellules) !
Toutes – je répète – toutes les étapes sont dépendantes du magnésium. Toutes !

Et ce n’est pas tout !
Il contribue aussi à la régulation de la glycémie, ce chenapan !
En effet, et cette information n’est pas nouvelle, des chercheurs ont mis en évidence l’importance du magnésium dans la prévention (d’abord) et le traitement du diabète!
De quelle manière? Ils ont découvert que le manque de magnésium diminue les récepteurs à l’insuline – dit en d’autres termes, le manque de magnésium rend insulino-résistant, rend résistant à l’insuline. Et le pauvre pancréas doit alors en générer plus (de l’insuline) pour avoir les mêmes effets.
Et comme l’insuline est aussi le moteur principal de l’accumulation des graisses, je ne vous fais pas un dessin ! …. prise de poids (l’explication suit dans le prochain paragraphe)

Vous aurez compris qu’un apport insuffisant va se faire sentir de manière assez diffuse au début tout au moins.
On ne manque jamais de magnésium de façon spectaculaire. 
Les signes sont discrets au début. Au début seulement !

Quels signes peuvent évoquer un manque ?

Un manque léger de magnésium va passer inaperçu. Totalement inaperçu.
C’est ce qui rend le sujet parfois trompeur : on peut avoir des apports insuffisants sans ressentir immédiatement quelque chose de très net.
A ce stade, ce n’est pas grave en soi.

Quand le déficit devient plus marqué, certains signes vont apparaître : fatigue, faiblesse générale, nausées, perte d’appétit ou baisse d’énergie, et ……. tadaaa …..prise de poids.
Prise de poids ? Ah bon ?
Ben, oui, comme expliqué dans le chapitre précédent, le manque de magnésium empêche une grande partie des calories ingérées (glucides et acides gras) de produire de l’énergie.
Et que deviennent ces braves calories non transformées en énergie  (“que devient la saleté devenue propre” comme disait Coluche dans un sketch culte) ?
Nos cellules n’ont d’autres choix que de renvoyer ces glucides et acides gras en circulation et leur destin devient d’être tout simplement stockés dans le tissu gras!
Conséquence,  on prend du poids!
Et pour couronner le tout, quand on se sent fatigué, que fait-on ?
On mange davantage pour compenser. Et ça ne résout toujours rien car ces nouvelles calories ne peuvent toujours pas produire plus d’énergie. Et vous aurez compris que c’est l’enclenchement d’un nouveau cercle vicieux.

Dans les cas plus importants de manque de magnésium, on va observer des crampes musculaires, des fourmillements, des contractions involontaires (la fameuse “paupière qui clignote”), et jusqu’à des troubles du rythme cardiaque. Pas top, hein !

Ces symptômes ne veulent pas dire automatiquement qu’il s’agit d’un manque de magnésium. Ils justifient surtout de regarder l’ensemble du contexte, notamment l’alimentation, le stress, les troubles digestifs et les éventuels traitements médicamenteux.

A quoi les déficits en magnésium sont-ils dûs ?

Ne tournons pas autour du pot !
Le principal coupable est l’alimentation, par l’effondrement de la consommation en légumineuses, en céréales complètes et en légumes verts, au profit de consommation d’aliments ultra-transformés pauvres en magnésium et – miracle de l’industrie agro-alimentaire –  riches en calories.
Une alimentation qui sur-nourrit tout en dé-nutrissant ! – Je reprends ici l’expression « overfed and undernourished » – Un comble !

Les autres coupables sont:
– les troubles digestifs qui entravent l’absorption du magnésium au niveau intestinal (cas avéré de la maladie de Crohn ou d’intolérance au gluten ou encore du syndrôme de l’intestin irritable (SII)).
– certains médicaments (diurétiques, antibiotiques, anti-acides, bronchodilatateurs) qui favorisent l’élimination du magnésium par les urines
– et …….. le stress !

Dans ces situations, une alimentation riche en magnésium devient particulièrement intéressante.

Quels aliments en contiennent ?

Le magnésium se trouve dans de nombreux aliments du quotidien.
Les meilleures sources sont donc – sans surprise –  les légumineuses, les céréales complètes et les légumes verts. (à feuilles ou pas, ça dépend si les limaces en ont laisser quelques-unes ou pas!).

tableau de 11 ingrédients avec photoet  avec leur teneur en magnésium générale et parc portion habituelle
Tableau comparatifs de 12 ingrédients avec leur teneur en magnésium générale par 100g et par portion habituelle.



Vous avez vu où se trouvent la banane et sa LULégende Urbaine” selon laquelle elle contient beaucoup de magnésium ?
C’est un peu comme la légende urbaine selon laquelle le lait apporte beaucoup de calcium ….. oui, oui, oui ! Une belle couillonnade, en fait !  1 litre de lait apporte autant de calcium que 6 amandes ! Sans les inconvénients, mais c’est une autre histoire!

En pratique, retenez que plus l’alimentation est très variée et non raffinée, plus les apports ont des chances d’être corrects.
Quoique …….

Faut-il prendre un complément de magnésium et quelle quantité faut-il viser ?

80 % de la population présente un déficit en magnésium !
L’apport moyen alimentaire en magnésium est de 200 mg.
Les besoins journaliers sont quant à eux estimés à 360 mg pour une femme et 420 mg pour un homme – en arrondissant à la centaine supérieure, disons 400 mg de moyenne à viser.
Nous ne sommes donc qu’à la moitié (!) de la dose recommandée minimale.

Ce chiffre n’a pas besoin d’être suivi à la virgule près chaque jour bien entendu.
L’idée est plutôt de construire une alimentation régulière et suffisamment riche en aliments qui apportent naturellement du magnésium.

Et comment se fait-il que nous soyons à ce point “dénutris” en magnésium ?
La raison est la suivante:  l’agriculture de masse a mené à l’épuisement complet des sols pour produire les légumineuses, les céréales et les légumes verts  – voir la vidéo de M. Poffet dans l’article En quoi est-ce important de prendre des compléments alimentaires… quand on mange déjà “bien” ? 😏🌱
Privilégiez dès lors votre apport via des maraîchers/ères qui font revivre les sols en réalisant du MSSV – Maraîchage Sur Sol Vivant.
En 1 mot comme en 100, en attendant que l’on passe d’une agriculture de masse délétère à une masse d’agriculteurs MSSV, la complémentation est souvent nécessaire et utile pour assurer la couverture des besoins.
Elle ira cependant en diminuant au fur et à mesure que nous aiderons à la régénération des sols, à travers nos achats réfléchis à nos maraichers/ères “de famille” et locaux.

Comment choisir la meilleure forme de magnésium ?

Au pouf bien entendu, c’te question !
Non, soyons sérieux – utilisons une méthode scientifique et rigoureuse qui a fait ses preuves depuis des millénaires !
Prenez un dé à 6 faces – un dé standard quoi ! (celui qui traîne avec votre jeu Trivial Pursuit)
Lancez le dé ( Trailer: pour les très très très jeunes, “lancer le dé”, ça consiste à prendre gentiment le dé dans la paume de sa main et le faire ensuite rouler lentement sur la table et attendre qu’il s’immobilise sur 1 chiffre; ça prend environ 1 à 2 secondes – c’est normal – en aucun cas, ne le lancez à travers votre pièce !)

En fonction de la liste ci-dessous, votre choix sera fait.
1 pour du citrate, 2 pour du marin, 3 pour du malate, 4 pour du glycérophosphate, 5 pour du taurate et 6 pour du bisglycinate
Easy, quoi !

Vous comprenez qu’il existe plusieurs formes de magnésium.
Outre le résultat du lancement de votre dé, le choix sera bien entendu lié à 3 paramètres clés essentiels, à savoir
la teneur en magnésium ; en %, ce chiffre exprime la quantité de Mg élément présent pour une forme donnée,
la biodisponibilité ; c’est une image de la proportion de magnésium réellement absorbée et retrouvée dans la circulation sanguine,
les effets indésirables: laxatifs, neuro-excitateurs et/ou acidifiants.

Prenons un exemple pour illustrer, au hasard !

Parlons du fameux magnésium “marin” (le numéro 2 au dé) – ça fait très nature, très “mer”, très “sûrement bon” marketingement en fait.
58 % de teneur en magnésium – génial, me direz-vous !
Mais la réalité est morose ! (“la vie n’est pas rose, la vie est morose” – Les Inconnus)
Ce n’est malheureusement qu’une vile association de sels inorganiques (sulfate, chlorure, oxyde et hydroxyle) qui cache une biodisponibilité, absorption et efficacité médiocres sans parler d’une très mauvaise tolérance digestive (diarrhées et consorts) ! 

En clair, il ne faut surtout pas choisir un magnésium comme on choisirait un parfum de yaourt ou de glace. A ce sujet, je vous invite à découvrir la réalité derrière une glace de parfum moka artisanale que j’ai consacrée dans l’article: Glace moka “fabrication artisanale” : que vaut vraiment la composition de ce pot pour les enfants ?

L’objectif est de trouver une forme adaptée à votre besoin, à votre tolérance et à votre  contexte.

Peut-on en prendre trop ?

Le magnésium naturellement présent dans les aliments ne pose aucun problème particulier chez une personne en bonne santé, car les reins éliminent l’excès.
En revanche, des apports trop élevés via des compléments pris n’importe comment type “au pouf” ou certaines formes de compléments peuvent provoquer des diarrhées, des nausées et des crampes abdominales.

À très très très fortes doses, le magnésium va devenir toxique, surtout en cas d’insuffisance rénale. C’est pour cela qu’une supplémentation importante ne doit jamais être prise à la légère.

Quelles précautions prendre ?

Le magnésium peut interagir avec certains médicaments, notamment certains antibiotiques, les bisphosphonates, certains diurétiques et les fameux IPP – inhibiteurs de la pompe à protons.

Cette précaution est importante, car même un complément courant n’est jamais totalement neutre. En cas de traitement régulier, il vaut mieux vérifier la compatibilité avant de commencer une supplémentation.

Ce qu’il faut en retenir comme conclusion

Le magnésium est un minéral essentiel!
Il joue un rôle clé dans l’organisme.
Notre énergie, notre état de stress, tout comme notre immunité et notre statut en vitamines D en dépendent !

Il est également devenu é-vi-dent que, sans une correction et une supplémentation durable suffisante de magnésium, la résolution du surpoids et de l’obésité est vaine.
A Rome, lors du dernier IMA (International Magnesium Association), Guerrero-Romero 2(non, non, pas le joueur de foot Mini) et 2 chercheurs américains ont fait le point sur les avancées concernant les liens entre magnésium et surpoids, obésité et troubles métaboliques!
De nombreuses études (confirmées ensuite par des synthèses) de complémentation en magnésium de personnes en surpoids, obèses, pré ou déjà diabétiques, ont montré un baisse significative
– du tour de taille
– de l’intolérance au glucose
– de l’inflammation
– de l’hypertension

La meilleure stratégie reste simple : miser d’abord en priorité sur l’alimentation, avec des aliments riches en magnésium comme les légumineuses, les noix, les graines, les céréales complètes et les légumes verts. (oubliez la banane malgré la “légende urbaine”)
La supplémentation aura sa place, mais elle doit rester réfléchie, car toutes les formes de magnésium ne se valent pas.
Le choix de la forme adéquate assurera un équilibre entre une bonne biodisponibilité, une teneur en magnésium correcte et le moins d’effets indésirables possibles (tant qu’à faire !).

Et vous ?
Quel est votre avis sur l’éclairage que je viens de donner sur le magnésium ?
Dites-le moi en commentaires !

  1. Mitochondries: ce sont nos centrales énergétiques qui se trouvent dans nos cellules ↩︎
  2. Guerrero-Romero F. et al. « Oral magnesium supplementation improves glycemic status in subjects with prediabetes and hypomagnesaemia. A double-blind-placebo-controlled randomized trial », Diabetes & Metabolism Journal, 2015, 41. et « Magnesium in metabolic syndrome: a review based on randomized, double-blinde clinical trials », Magnesium Research, 2016, 29. ↩︎

La graisse brûle-t-elle le muscle ? Mythe ou réalité ?

importance et poids des légumes dans l'alimentation

La graisse brûle-t-elle le muscle ? Mythe ou réalité ?

Les sportifs – et les autres – le savent: le muscle “brûle” de la graisse si l’activité physique est assez intense ; je ne parle pas ici de la balade avec le chien, le chat, le hamster ou l’ADCF (Animal De Compagnie Favori)
On entend aussi souvent dire que lorsqu’on perd de la graisse, on “brûle aussi du muscle”. L’expression est répandue, mais elle simplifie à l’excès un phénomène biologique bien plus nuancé. En réalité, le corps puise dans plusieurs réserves selon le contexte, et la perte de muscle dépend surtout de la manière dont la perte de poids est conduite.
C’est plutôt hyper contre-intuitif en fait de penser que la graisse serait capable de brûler du muscle.
Bon, malheureusement, force est de constater que cela est vrai et c’est l’une des plus grandes avancées réalisées dans les recherches sur le surpoids ces dernières années; et le tout dans le plus grand silence assourdissant qui puisse exister !.
En voici l’explication !

Depuis les travaux ayant montré le caractère inflammatoire de l’obésité, notamment dans le sillage des recherches françaises du début des années 2000 (équipe Inserm du professeur Karine Clément de l’hôpital Hötel-Dieu à Paris), on sait que le tissu adipeux n’est pas un simple stock inerte.
C’est un organe actif, capable d’influencer l’inflammation, le métabolisme et la santé musculaire.

D’où vient cette vraie/fausse idée ?

L’idée que la graisse “brûle” le muscle vient souvent de l’observation suivante : certaines personnes perdent du poids et constatent en même temps une baisse de leur masse musculaire, de leur force ou de leur tonus. Cela peut arriver, mais ce n’est pas une fatalité. On le verra plus loin.

Le problème, c’est que l’expression laisse croire que la graisse attaque directement le muscle.
Or, ce n’est pas du tout ce qui se passe.
C’est bien pire !
Le corps adapte ses carburants en fonction de l’apport alimentaire, de l’activité physique, de l’état inflammatoire, de l’âge et de la vitesse de la perte de poids.

Autrement dit, la graisse ne “mange” pas le muscle. Ce sont les conditions du régime ou du déficit énergétique qui peuvent favoriser une perte de masse maigre.

Ce que fait vraiment le corps

Quand l’organisme reçoit moins d’énergie qu’il n’en dépense , il commence à mobiliser ses réserves. Les graisses sont une source d’énergie privilégiée, car elles sont abondantes et très concentrées. Mais si le déficit est trop important, si l’alimentation est déséquilibrée, si les graisses ne sont pas disponibles ou si l’apport en protéines est insuffisant ou si encore l’activité physique est inexistante, le corps va alors puiser dans les tissus maigres, dont tadaaaaa …….. le muscle. Pas de chance !

La masse maigre ne se réduit pas au muscle bien entendu, mais celui-ci en représente une part quasi essentielle. Lorsqu’elle baisse trop, cela peut entraîner :

  • une diminution de la force ;
  • une fatigue plus marquée ;
  • une récupération moins efficace ;
  • une baisse des performances physiques ;
  • un métabolisme plus difficile à maintenir sur la durée.

Le bon objectif n’est donc pas seulement de perdre du poids, mais de perdre surtout de la graisse en préservant le muscle.

Le rôle de l’inflammation

D’abord, revenons au caractère inflammatoire du surpoids ou de l’obésité – qu’est ce que c’est que cette fameuse “inflammation” ?
Asseyez-vous, je vous raconte une petite histoire ……
Si,si, asseyez-vous, nous n’en n’avons pas pour très longtemps.

Il était une fois dans un laboratoire ….

Imaginez les chercheurs/euses, avec leurs tabliers blancs et leurs microscopes (électroniques il va de soi!).
Ils/elles cherchent.
Et ils/elles constatent un truc purement incroyable !
Quoi ?
Ils/elles constatent que lorsqu’on accumule plus de graisses dans le tissu adipeux, une réaction immunitaire se produit.
Dis comme ça, ça n’a pas l’air d’être un truc très très in-cro-ya-ble !
Malheureusement, ça l’est ! et pas du tout du tout dans le bon sens du terme !
En effet, les braves globules blancs, les fameux “soldats du système immunitaire”,  sont attirés comme un aimant – un peu comme si l’excès de gras était un corps étranger, un “alien”, comme si c’était du “non-soi” comme on dit dans le jargon scientifique, comme si c’était des virus ou des bactéries externes non désirées, alors que c’est quand même notre “propre” gras, si j’ose dire !
C’est un comble, non ?
Les premiers globules blancs qui arrivent, sont estomaqués, voient l’ampleur du travail à réaliser, se disent (avec la voix et la posture de Paul Mirabel) – “euh, là, tous seuls, rien qu’à 300, ça va être juste pas possible !”  et ils appellent les copains à la rescousse.
Comment ?  en libérant des messagers (oui, les globules blancs n’ont pas encore de smartphones 🙂)
Et c’est cela qu’on appelle une inflammation.
Alors, l’inflammation c’est parfait, quand elle est de courte durée – un peu comme lorsque l’on se chope une vilaine écharde dans le doigt avec son lot de virus et bactéries diverses – c’est normal et méga-utile d’avoir de l’inflammation.
Mais lorsque l’inflammation est permanente, c’est une autre paire de manches !

Ainsi, la découverte du caractère inflammatoire de l’obésité a changé notre compréhension du tissu adipeux.
Longtemps considéré comme un simple réservoir de stockage esthétique (la fameuse “bouée” et ses poignées d’amour ), il est aujourd’hui vu comme un organe métaboliquement actif. Il produit des substances capables d’influencer l’ensemble de l’organisme, notamment des médiateurs de l’inflammation.
Aujourd’hui, le surpoids est une pathologie inflammatoire.
C’est un fait non discutable !

Et voici le lien avec l’état des muscles

En situation de surpoids voire d’obésité, cette activité devient très défavorable, voire délétère. On parle alors d’inflammation chronique de bas grade, latente et sournoise.
Elle ne provoque pas les signes spectaculaires d’une infection aiguë, mais elle agit en arrière-plan (pas vu – pas pris !)  et perturbe plusieurs mécanismes biologiques.
Dont un en particulier, qui va éclairer – d’au moins 2000 lumens – le fameux lien avec la “fonte” musculaire constatée.

Parmi les messagers envoyés par les globules blancs, il y en a un qui s’appelle “le facteur de nécrose tumorale alpha” (ne pas le retenir par coeur, hein !, ce n’est pas une question d’examen ) – aussi appelé de son petit nom – TNF-α .
Il faut imaginer que les soldats globules blancs, après s’être vaillamment “battus” , outre qu’ils sont fatigués – se retrouvent assez vite à court de munitions/de carburant (“quand la bise fut venue” dixit la fable bien connue).
Quelle est la munition / le carburant privilégié des globules blancs ?
La glutamine. C’est un acide aminé, composant de base des protéines. J’en parlerai dans un autre article, patience !
Et il se trouve que cette glutamine se trouve principalement stockée dans les muscles!
Or, il se fait que le fameux TNF-α  “détricote” le muscle pour en extraire la glutamine. C’est l’un de ses rôles !

Moralité et CQFD: la graisse brûle et fait fondre le muscle par le mécanisme de l’inflammation !
C’est une triste réalité, malheureusement !
Résultat: plus on prend du poids, plus on perd du muscle, et comme le muscle est la masse qui dépense les calories (même et surtout au repos), moins on est capable de re-perdre son surpoids!
C’est un terrible cercle vicieux qui s’enclenche!
Vous pouvez maintenant vous relever !

Ce contexte inflammatoire élevé (car il impacte l’ensemble du corps) va alors contribuer à une altération lente et patiente du métabolisme musculaire.
Il ne faut donc pas en déduire que la graisse détruit directement le muscle- vous aurez compris que c’est quand même plus subtil que ça –  mais plutôt que l’environnement métabolique peut favoriser une perte et une fonte musculaire si rien n’est fait pour la prévenir.

Quand la perte musculaire devient plus probable

La fonte musculaire n’apparaît pas de la même façon chez tout le monde.
Elle est plus probable lorsque plusieurs facteurs se cumulent :

  • un déficit calorique trop important – les fameux “régimes” ;
  • une alimentation trop pauvre en protéines ;
  • l’absence d’exercices physiques réguliers de résistance ;
  • une perte de poids trop et très rapide ;
  • un âge plus avancé ;
  • une inflammation chronique ;
  • certaines maladies ou traitements – pour ne pas citer l’Oz..pic par exemple.

Chez une personne qui maigrit progressivement, mange suffisamment de protéines et bouge régulièrement en résistance musculaire, la perte musculaire va rester limitée.
À l’inverse, un “régime” trop restrictif, sans activité physique, augmente nettement le risque de perdre à la fois de la graisse et du muscle.

Il est dorénavant connu que le “sport” le plus pratiqué au monde (si,si !) dans les sociétés dites “civilisées” est le yo-yo pondéral.

Comment perdre de la graisse sans perdre trop de muscle?

La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de réduire la masse grasse tout en préservant la masse musculaire.
Trois leviers sont particulièrement importants.

Miser sur une perte progressive

Plus la perte de poids est rapide, plus le risque de perte musculaire augmente. Un rythme modéré laisse au corps le temps de s’adapter et favorise une meilleure préservation de la masse maigre.

Apporter assez de protéines

Les protéines sont indispensables au maintien des tissus musculaires. Si l’alimentation en contient trop peu, le corps dispose de moins de ressources pour réparer et conserver le muscle. C’est particulièrement important pendant une phase de perte de poids.

Bouger, bouger, bouger et surtout en résistance

L’activité physique est un signal essentiel. Les exercices de résistance, comme le renforcement musculaire, indiquent à l’organisme que le muscle est nécessaire et doit être conservé. C’est l’un des meilleurs moyens de limiter la fonte musculaire.

Idéalement, on associe activité d’endurance, renforcement musculaire et alimentation adaptée, en fonction de l’âge, de l’état de santé et des objectifs.

Ce qu’il faut retenir

Dire que “la graisse brûle le muscle” est une formule trop simpliste. La réalité est plus subtile : le corps mobilise plusieurs sources d’énergie, et la perte de muscle dépend surtout du contexte dans lequel la perte de poids se déroule.

L’obésité et le surpoids, en tant qu’état inflammatoire chronique, rappelle que le tissu adipeux est un véritable acteur biologique, pas anodin du tout! Cela explique pourquoi une prise en charge sérieuse du poids ne peut pas et ne doit surtout pas se limiter simplement à une réduction calorique. Il faut aussi penser à la qualité de l’alimentation, à l’activité physique, à l’inflammation et à la préservation de la masse musculaire.

Aujourd’hui, malgré cette découverte disons exceptionnelle passée quasi complètement inaperçue dans les radars, force est de constater que l’on n’a pas encore intégré les conséquences pratiques qui sont évidentes: on-ne-peut-pas-sortir-du-surpoids-sans-casser-le-cercle-vicieux-de-l’inflammation !

En pratique, le bon objectif n’est pas de maigrir vite, mais de maigrir bien en s’appropriant dès aujourd’hui une alimentation anti-inflammatoire, en rééquilibrant sa flore digestive, en réduisant drastiquement l’exposition aux polluants (car l’inflammation causée par le tissu adipeux est d’autant plus élevée que ce tissu adipeux est chargé de polluants) afin, au final, de perdre de la graisse, de conserver le muscle et d’améliorer la santé globale sur le long terme.

Et une petite dernière pour “enfoncer le clou”, la lutte contre l’inflammation dans le surpoids est d’autant plus importante qu’avec le temps, cette inflammation vire à la fibrose ( un peu comme la stéatose du foie devient cirrhose), ce qui solidifie et pérennise l’accumulation des graisses, les rendant de moins en moins possible à éliminer.