Table à manger.
Le papa (ou la maman, c’est comme on veut) sur sa tablette.
Le fils ou la fille, déjà très éveillé(e) !
“Dis papa, c’est quoi la nutrithérapie ?”
Silence
“Dis papaaa, c’est quoi la nutrithérapiiiie ?”
Silence
“Dis papaaaaaa, c’est quoi la nutrithérapiiiiiiie ?”
Silence
Petit sourire du fils ou de la fille.
“Dis papa, comment on fait les bébés ?”
Aaaaaaargh.
La question qui tombe au pire moment. Entre 2 gorgées de café, la lecture du quotidien, 23 mails en retard et un cerveau déjà en mode économie d’énergie.
Et au fond, c’est une excellente question.
Parce qu’aujourd’hui, on parle beaucoup d’alimentation, de compléments, de micronutriments, de santé digestive, d’énergie, de fatigue, de stress… sans toujours expliquer simplement ce que tout cela veut dire.
La nutrithérapie, c’est un peu le bon sens du corps remis au goût du jour.
C’est l’art et la manière de nourrir l’organisme avec ce dont il a vraiment besoin pour fonctionner correctement, au lieu de le laisser se débrouiller avec une assiette souvent trop pauvre, trop sucrée, trop transformée ou trop déséquilibrée.
Et non, ce n’est pas une baguette magique à la HP !
Ce n’est pas non plus une mode “bien-être” avec une jolie étiquette verte. C’est une approche sérieuse, concrète, biochimique, qui s’intéresse à ce que le corps reçoit, absorbe, utilise… ou n’utilise pas.
Une assiette, oui. Mais pas n’importe laquelle.
La nutrithérapie part d’une vérité très simple : le corps est une machine complexe et bien foutue. Il fonctionne avec des nutriments précis. Des vitamines. Des minéraux. Des acides gras. Des acides aminés. Des composés végétaux actifs. Bref, tout un petit monde invisible qui fait tourner la grande mécanique du vivant.
Le problème, c’est que notre alimentation “moderne” hyper transformée et industrielle à 85 % a parfois un drôle de talent : elle remplit l’estomac sans toujours nourrir en profondeur. On mange. On grignote. On avale. On tient. Mais on ne nourrit pas toujours correctement les cellules, les tissus, le système nerveux, la digestion, l’immunité ou la récupération.
La nutrithérapie, elle, pose la question que tout le monde oublie : qu’est-ce que le corps reçoit vraiment ?
C’est quoi, au juste ?
La nutrithérapie, c’est une approche qui utilise l’alimentation, et parfois des compléments bien choisis, pour corriger des insuffisances, limiter les surcharges et soutenir les grandes fonctions du corps.
En clair :
- si le corps manque de certains nutriments, on les remet ;
- si l’alimentation surcharge inutilement l’organisme, on allège ;
- si la digestion fatigue, on simplifie ;
- si l’énergie s’écrase, on remonte à la source ;
- si le sommeil et le stress déraillent, on cherche aussi du côté du terrain nutritionnel.
Ce n’est pas spectaculaire. C’est mieux que ça : c’est utile.
Pourquoi c’est différent du “mangez équilibré” classique ?
Parce que l’injonction “mangez équilibré” est une phrase sympathique… et en même temps, souvent trop vague.
Elle ne dit ni quoi manger, ni pourquoi, ni dans quelles quantités, ni selon quel terrain.
La nutrithérapie va plus loin. Elle s’intéresse :
- aux besoins propres à chaque personne ;
- à la qualité des aliments ;
- à la densité nutritionnelle ;
- à l’absorption réelle ;
- aux interactions entre les nutriments ;
- au lien entre le champ, l’assiette et les symptômes.
Autrement dit, elle ne se contente pas de regarder ce qu’il y a dans l’assiette. Elle regarde aussi ce que l’assiette provoque dans le corps. Et ça change tout.
À qui ça sert ?
À tout le monde… et à personne en même temps.
À tout le monde, parce que tout le monde mange, digère, transforme, fatigue, récupère et a besoin de nutriments pour fonctionner.
À personne en mode “recette universelle”, parce que chacun a son histoire, son terrain, ses fragilités, ses habitudes, son niveau de stress, son sommeil, sa digestion, son activité et ses besoins propres.
Et vraiment ! en aucun cas pour qui veut/souhaite/espère/rêve/imagine (biffer la mention inutile) des résultats rapides, faciles, sans effort ! Visiter Lourdes est encore et toujours plus efficace dans ce cas !
En pratique, la nutrithérapie peut être utile si vous voulez :
- retrouver plus d’énergie ;
- mieux digérer ;
- mieux récupérer ;
- apaiser un terrain inflammatoire ;
- mieux gérer le stress ;
- soutenir le sommeil ;
- comprendre pourquoi votre corps ne réagit pas exactement comme vous voudriez, le vilain chenapan !
Et les compléments dans tout ça ?
Ah, les compléments. Le sujet qui fait rêver les paresseux et soupirer les prudents.
En nutrithérapie, les compléments alimentaires ne sont pas le point de départ. Ce sont juste des outils. Pas des béquilles permanentes. On commence par l’alimentation. On regarde ensuite s’il faut soutenir, corriger, ajuster. Sujet approfondi en surface dans En quoi est-ce important de prendre des compléments alimentaires… quand on mange déjà “bien” ? 😏🌱
Parce que non, une gélule ne remplace pas un vrai repas.
Et non, prendre trois pilules multicolores (une rouge, une verte et une bleue) ne permet pas de continuer à manger n’importe comment en toute sérénité. La nutrithérapie ne fonctionne pas comme un cache-misère chic. Elle cherche à remettre du vrai, du juste, du précis, du sain, du naturel et du local.
Une approche très concrète
Ce qui rend la nutrithérapie intéressante, c’est qu’elle ne flotte pas dans les nuages.
Elle revient toujours au réel :
- votre énergie ;
- votre digestion ;
- votre sommeil ;
- votre faim ;
- votre humeur ;
- votre récupération ;
- votre relation à l’alimentation.
Elle aide à faire le lien entre les signaux du corps et ce qu’il mange. Un ventre gonflé, une fatigue qui traîne, une peau réactive, des fringales, une nervosité persistante (le profil TPE typique)… ce ne sont pas juste des “petits défauts de caractère” avec lesquels il faut bien vivre !.
Ce sont des messages hyper précis.
La nutrithérapie apprend justement à les entendre.
Ce qu’elle n’est pas
La nutrithérapie n’est pas :
- une punition ;
- une religion ;
- un dogme ;
- une chasse au gramme parfait ;
- un régime de plus ;
- un concours de compléments alimentaires ;
- une promesse de santé instantanée;
- une méthode miraculeuse.
Elle n’a rien à voir avec les injonctions débilitantes du type “mangez moins, bougez plus, dormez mieux” ou “pour votre santé, mangez moins gras, moins salés et moins sucrés” balancées sans nuance depuis le piédestal des ministères de la Santé (qu’on devrait appeler ministères de la Maladie, en fait!) .
Elle cherche au contraire à comprendre pourquoi, chez certaines personnes, tout cela ne suffit pas.
Pourquoi ça “parle” autant aujourd’hui
Parce que beaucoup de personnes ont le sentiment d’avoir tout essayé, sans retrouver un vrai équilibre. Elles mangent “pas trop mal”, mais restent fatiguées. Elles font attention (il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de personnes qui “font attention” 🙂 – un peu comme quand elles traversent un passage piéton …..), mais digèrent mal. Elles essaient de se calmer, mais le stress revient. Elles veulent bien faire, mais ne comprennent pas pourquoi le corps suit si mal.
La nutrithérapie parle à ces gens-là. Elle ne leur dit pas qu’ils ont échoué. Elle leur dit : on va regarder plus finement.
Et ça change tout. Car on ne soigne bien que ce l’on comprend parfaitement. On ne corrige bien que ce que l’on mesure.
Et on ne transforme pas durablement ce qu’on traite à coups de grandes généralités.
Le vrai message de la nutrithérapie
Le vrai message, c’est celui-ci : votre corps sait faire beaucoup de choses, à condition de recevoir ce qu’il lui faut.
Pas trop. Pas au hasard. Pas n’importe comment. Mais juste ce qu’il faut, au bon moment, sous la bonne forme.
C’est pour cela que la nutrithérapie est une approche à la fois pragmatique et profondément respectueuse du vivant. Elle ne force pas. Elle soutient. Elle modifie en douceur. Elle ajuste. Elle ne nie pas le mode de vie. Elle le prend en compte. Elle ne promet pas une perfection impossible. Elle cherche une amélioration réelle et durable.
Ce qu’il faut retenir
Alors, c’est quoi la nutrithérapie finalement en clair et sans décodeur ?
Avant de répondre à cette question, petit retour dans le passé, en 1991 (ou dans ces eaux-là) avec cette pub sur le lait. « Dis, papa, c’est quoi cette bouteille de lait ! »
Une très belle, grinçante et violente parodie https://www.youtube.com/watch?v=xOORdjvzLmE vient ainsi compléter l’article sur le lait et les produits laitiers Lait : faut-il en consommer ? Bienfaits, limites et alternatives pour un choix éclairé
Retour à nos moutons !
La nutrithérapie, c’est la traduction pratico-pratique des conclusions d’études scientifiques sur l’impact de l’alimentation, des nutriments et des micronutriments sur la santé et le fonctionnement du corps.
C’est une façon de nourrir le corps intelligemment. De corriger ce qui manque. D’alléger ce qui pèse. De soutenir ce qui fatigue. De remettre du sens dans l’assiette et de la cohérence dans le quotidien.
C’est une approche qui parle le langage du corps. Un langage fait de nutriments, d’équilibre, de précision et de bon sens.
Et dans un monde qui va trop vite, qui mange et malbouffe trop vite, qui s’épuise trop vite, et qui frise le burn out planétaire, ça vaut déjà de l’or.
Au fond, sa promesse est simple : aider chacun à retrouver de la cohérence entre ce qu’il mange, ce qu’il ressent et ce dont son corps a besoin. Et si cela commence par une question d’enfant un peu insolente, tant mieux. C’est souvent comme ça que naissent les meilleures explications.
Et au final, non, la nutrithérapie n’expliquera pas “comment on fait les bébés” ……. ; par contre, elle donnera aux futurs concepteurs/rices toutes les clés pour amener la vie dans les meilleures conditions.
Et vous, dites-moi en commentaires si vous explorez déjà ou si vous avez envie d’explorer une alimentation plus précise, plus vivante et plus adaptée à votre corps dès aujourd’hui.
YouTube !!!! Quelle horrible pub anti lait 🥴
Très bon article en tout cas comme d’habitude !
Très convaincant.
A la nutritherapie s’ajoute aussi la D O S E, l’alchimie du bien être.
Les fameux nutriments peuvent-ils nous la fournir ?
Parce que Lourdes, c’est quand même pas la porte à côté 😉
Oui, j’avoue, elle pique un peu cette pub, pas spécifiquement anti-lait, juste réaliste sur les conditions de production.
J’ai longuement hésité avant de mettre le lien.
Les nutriments ne peuvent pas alimenter seuls les 4 lettres de DOSE, ce serait trop simple …..; les autres piliers que sont le sommeil, l’activité physique, la prise de conscience de soi sont tout aussi importants et complémentaires dans l’approche de la nutrithérapie.
Je pense que je me mets dans la catégorie des « je mange plutôt pas mal », simplement parce que je ne mange quasiment pas de produits transformés. Mais en même temps aucune idée des apports nutritionnels qu’il y a réellement dans mon assiette. Donc alimentation plus vivante oui, mais plus précise et adaptée à mon corps, je n’en ai aucune idée. Avec plaisir d’avoir des conseils simples à cet endroit 🙂
Merci pour ton retour, Flore !
Tu as déjà fait 96 % voire 97 % du chemin en ne mangeant pas de produits transformés de l’industrie agro-alimentaire 🙂
Tu supportes ainsi une alimentation vivante, sur sol vivant, par des maraîchers vivants et locaux! Bravo !
AU plaisir de te relire si mes conseils résonnent avec toi !
C’est un sujet passionnant, très bien traité ici. Finalement, qu’il s’agisse d’un être humain ou d’un jardin, la question est souvent la même : comment redonner au vivant sa capacité à s’autoréguler ? Et puisqu’on parle d’alimentation, j’aimerais ajouter que la qualité des aliments compte tout autant que leur composition. La manière dont ils sont cultivés, notamment la santé du sol, participe aussi à leur valeur nutritionnelle.
Entièrement d’accord !
Merci pour ton retour, Corinne !
Tu as raison ; le vivant a cette capacité extraordinaire de pouvoir s’autoréguler, sans aucune performance , et tout en robustesse.
Le sol a cette capacité, en le laissant faire, comme tu l’expliques si bien sur ton blog!
Le corps aussi a cette capacité, pourvu qu’on le « gave » de ce dont il a besoin, et non de ce dont il a envie !
Au final, sol et corps – vivants – se soutiennent !
Merci pour cet article qui m’a convaincu de me procurer 2 livres sur la nutrithérapie. Le sujet me semble en effet passionnant.
Et en guise de clin d’oeil à propos du ministère de la Santé … qu’on devrait appeler ministère de la Maladie, en fait ! Je suis bien d’accord avec cela, car il se préoccupe davantage d’essayer de sauver les personnes quand elles sont malades, voire très malades que d’essayer de les garder en bonne santé avant qu’elles ne la perdent.
Bonne lecture des 2 livres sur la nutrithérapie que tu as découvert. Le sujet est dense et en même temps, tellement de bon sens.
Belle poursuite dans tes découvertes du pouvoir insoupçonné de l’alimentation sur notre santé !